Septième génération


Denis Carrier © 2015


(in english)


Premier mariage de Ferdinand Carrier, 21 août 1876
Ferdinand Carrier 25 ans Eugenie Vachon 18 ans
Ferdinand Carrier Eugenie Vachon
signature de Ferdinand Carrier signature de Eugénie Vachon à son mariage

Deuxième mariage de Ferdinand Carrier, 8 mai 1882

Ferdinand Carrier 31 ans Odile Boulet
Ferdinand Carrier Odile Boulet
signature de Ferdinand Carrier

Ferdinand CARRIER 1 et Marie-Odile BOULET

Ferdinand Carrier était né le samedi 25 janvier 1851 à Saint-Bernard dans le comté de Dorchester, province de Québec. 2 Le lendemain 26 janvier 1851, il est baptisé dans l'église paroissiale par l'abbé Frs. Ed. Moore. Le parrain est Georges Grégoire et la marraine Mathilde Caron.

En 1851 se tenait aussi le recensement de Saint-Bernard. 3 Les observations notées par le recenseur P. Gauvreau nous apportent plusieurs détails intéressants sur le milieu dans lequel Ferdinand vécu les premiers mois de son existence :

St-Bernard
St-Bernard

«... le printemps tardif de 1851 ajouté à l'été froid 4 et pluvieux à dû retarder de beaucoup le temps de la récolte [du blé] et en conséquence des gelées de bonne heure on n'est aucunement surpris du peu de produit... La saison pluvieuse les a fait pousser [les pois] considérablement en tige jusqu'aux gelées et n'ont presque pas mûri du tout... la neige à la fin d'octobre en (l'avoine) a couvert une grande partie prête à engranger, ... à très peu d'exceptions on s'est plaint de la maladie (des patates)... elles n'ont pas été encavées du tout. Les prairies ont produit une récolte de foin plus qu'ordinaire... Dans une partie considérable de la paroisse ils [les habitants] avaient perdu presque tous leurs moutons par la maladie le printemps dernier. À moins que le cultivateur ne se fasse boucher ou tue ses animaux lui-même pour les porter au marché et les déballer, il n'en reçoit qu'un vil prix des commerçants ou bouchers... la quantité [du beurre] fait ordinairement diminuée d'une très grande portion c'est-à-dire d'un quart et plus... La mesure dont on se sert presque sans exception est une grosse mesure française et comblée formant au moins un cinquième de plus que la mesure anglaise rasée. Les poids sont aussi français». 5

Nous savons aussi qu'en septembre 1858, il y a déjà une école dans le rang Saint-Luc parce que le dimanche en 8, le curé de Saint-Bernard averti ses paroissiens que les écoles ouvriront le lendemain. Pour ce qui est de l'école Saint-Luc, le commissaire fait avertir les intéressés qu'ils s'assembleront chez lui. Ferdinand a alors sept ans.

Le caractère fougueux des jeunes garçons de Saint-Bernard, dont Ferdinand est du nombre, nous est parvenu jusqu'à nos jours. Ainsi, à l'automne de 1859, 6 l'abbé Bourrassa juge-t-il à propos de réprimander ses ouailles en ces termes : «il faut assister au catéchisme et ne pas aller jouer sur les billots». 7 Ferdinand a alors huit ans et n'habite pas très loin de l'église.

Ferdinand Carrier fréquente l'école de son rang, l'école Saint-Luc. 8 En 1863, cette école qui porte le numéro 5 est tenue par mademoiselle Rhéaume. 9 Monsieur Carrier (peut-être Romuald frère de Ferdinand) en sera l'inspecteur de 1881 à 1895. 10 En 1861, Ferdinand est recensé dans sa famille à Saint-Bernard dans le rang de Saint-Luc. Il a dix ans et fréquente l'école.

En 1871, alors qu'il a 20 ans, il est à nouveau recensé à Saint-Bernard. 11 Il habite chez son frère Romuald Carrier bien que son père et sa mère vivent encore.

Un an et demie avant son premier mariage, le 6 février 1875, Ferdinand Carrier reçoit, de son frère Romuald, la moitié d'une terre. 11a Cette terre porte le numéro 26 et est située au cinquième rang, Canton de Broughton, dans la paroisse Sacré-Coeur de Jésus. Cette paroisse existait seulement depuis 1871. Elle deviendra une municipalité en 1881. Elle fait aujourd'hui (2000) partie de East Broughton elle-même située entre Ste-Marie de Beauce et Thetford Mines. Romuald avait acquis cette terre de Olivier Boudreau par acte notarié passé le 15 août 1868 devant Me L.-G.-A. Legendre. Ferdinand Carrier revendra ce demi lot à son frère Pierre en 1880.

En 1876, Ferdinand Carrier a 25 ans et est cultivateur. Il habite à Saint-Frédéric de Beauce (partie du canton Broughton desservie sur le plan religieux par St-Frédéric) et y épouse Eugénie 12 Vachon 18 ans également de Saint-Frédéric. 13 Eugénie est la fille de Paul Vachon cultivateur et de la défunte Émilie Tardif de Great Falls, Montana(?), USA. Elle habite Saint-Frédéric depuis 5 ans ou moins car en 1871, elle avait été recensé chez son oncle paternel Hilaire Vachon. 14 Ferdinand et Eugénie avaient passé un contrat de mariage devant Me Legendre le 20 août 1876. 14a Ce contrat nous apprend que Ferdinand est cultivateur, qu'il habite dans le canton de Broughton, comté de Beauce et qu'à cette date, sa mère Mathilde Grégoire est déjà décédée. Le futur marié est accompagné de son frère Elzéar Carrier et de ses amis Alexis Cloutier père, Alexis Cloutier fils, Joseph Fontaine, Louis Morin, Octave Doyon, Philéas Poulin, Alfred Lapointe et de Dame Lucie Vachon. Eugénie est accompagnée d'Hilaire Vachon qui en plus d'être son oncle est son père adoptif, de sa tante Dame Esther Perreault, de sa soeur demoiselle Anaïs Vachon, de ses amis, les Sieurs François Poirier, Pierre Jacques et Richard Bisier. Le contrat stipule qu'ils seront en biens communs selon la coutume de Paris et le Code Civil du Bas-Canada.

L'apport de chacun des époux nous permet de savoir que Ferdinand possède la moitié sud-est du lot de terre numéro 23 dans le troisième rang du canton de Broughton dont la superficie est de 50 acres «avec circontances et dépendances».


St-Frédéric
St-Frédéric

Le père adoptif promet de donner à l'épouse dès après le mariage, une vache laitière, une taure, deux «moutonnes» (brebis) avec un agneau, un lit, un rouet à filer, un coffre, une valise et une commode.

Hilaire Vachon en 1871 n'avait pas d'autre enfant chez lui qu'Eugénie. L'absence de Paul Vachon à ce recensement et au mariage de sa fille laisse supposer qu'il est bien établi au Montana. Il reviendra cependant à Saint-Frédéric. Ainsi en 1881, il y sera recensé, rentier et remarié à Adeline habitant entre Jean Lessard marchand et sont frère Hilaire. 15

Le mariage a donc lieu le lundi 21 août et après avoir été dispensé de trois publications, Ferdinand et Eugénie échangent leur consentement devant l'abbé Jos. Hoffman. Ils sont accompagnés de plusieurs parents et amis. On note la présence deElzéar Carrier frère de Ferdinand, Hilaire Vachon oncle de l'épouse, Anaïs Vachon, Stéphanie Délisle, Philomène Délisle, Hermine et Octave Doyon. 16

Le 24 août 1880, Ferdinand revend la moitié sud de la terre no. 26, cinquième rang, canton de Broughton, (paroissse Sacré-Coeur de Jésus) à son frère Pierre. Ferdinand et sa famille sont alors dits résidents de Sacré-Coeur de Jésus, Canton de Broughton. 16a

En 1881, Ferdinand et Eugénie sont recensés à Saint-Frédéric. Leur deuxième voisin d'un côté est Elzéar Carrier frère de Ferdinand et leur voisin immédiat Joseph Lafontaine. De l'autre côté habite François Xavier Vachon. Ils ont maintenant deux filles : Albertine 3 ans et Denise 8 mois née en août 1881. 17

De ce premier mariage, Ferdinand Carrier eut deux filles : Albertine née en 1878 18 mariée à Onésime Francoeur le lundi 17 septembre 1900 à Saint-Honoré (Shenley). Onésime Francoeur et Albertine Carrier n'eurent pas d'enfant. Ils adoptèrent cependant des adolescents pour travailler sur leur ferme. Onésime Francoeur mourut à un âge avancé laissant des sommes importantes acquise par prêts sur gages. 19 .

Denise née en août 1881 et restée célibataire. Eugénie Vachon serait décédée à la suite de la naissance difficile de la dernière enfant. 20

Ferdinand se remariera dès le printemps suivant. C'est du deuxième mariage de Ferdinand Carrier que la lignée étudiée dans le présent ouvrage se continue. En cette seconde noce, Ferdinand Carrier convole avec Marie-Odile Boulet. 21 Nous sommes le lundi 8 mai 1882 à Saint-Frédéric en Beauce. Ferdinand y est toujours cultivateur. Odile, mineure, est la fille de Bénoni Boulet également cultivateur et de Dina Cloutier, tous de Saint-Frédéric.

Hilaire Vachon oncle de Ferdinand par alliance avec sa première épouse, Thomas Gagné cousin de l'épouse, Marie-Delvina Boulet soeur de l'épouse et Paul Goulet 22 ami des époux assistent à la bénédiction nuptiale donnée par le curé Joseph Étienne Morin.

En 1881, soit un an avant le mariage, Marie-Odile n'avait pas été recensée dans sa famille. Elle y avait alors deux soeurs et un frère non mariés (Adeline 20 ans, Thomas 10 et Édouard 7). La famille Boulet habitait alors entre Richard Grégoire et la veuve Philomène Jacques chez qui habite également le journalier et veuf Pierre Trépanier.

En 1894, Ferdinand et Marie-Odile ont un fils Arthur Carrier qu'ils font baptiser à Saint-Frédéric le 1er mars jour de sa naissance. Nous pouvons donc conclure que la famille Ferdinand Carrier habite encore à Saint-Frédéric ou les environs à cette époque.

En 1898, ils ont une fille Mélanie qu'ils font baptiser le 21 octobre à Saint-Honoré de Shenley.

Entre 1894 et 1898, Ferdinand Carrier, quitte probablement Saint-Frédéric pour aller habiter à Saint-Honoré (Shenley) puisque Mélanie y est baptisée. ` la même époque, plusieurs hommes se lancent dans la ruée vers l'or et se rendent au Klondike. À Saint-Bernard, par exemple, 60 personnes (des hommes dans la presque totalité) sont allées au Klondike en 1896 et dans les années suivantes. 23 Ferdinand pour sa part a choisi de rester dans son coin de pays.

De ce deuxième mariage de Ferdinand Carrier, on retrouve cinq enfants principalement dans la région :

1- Ovide Carrier marié le 9 juillet 1907 à Marie-Mathilde Lacasse à Saint-Honoré.

Enfants : Georges, Victorin et Émilia.
Ils résideront principalement à Stanested.

2- Marie-Victoria 24 Carrier mariée le 16 juillet 1907 avec Napoléon Boutin à Saint-Martin.

Enfants : Aline, Annette, Alice-Aimée, Marie-Paule, Raoul, Marie-Jeanne et Georgette. Napoléon Boutin avait un moulin à scie.

3- Arthur Carrier marié premièrement le lundi 24 juin 1912 à Maria Leblanc à Saint-Hubert de Spaulding (Audet) et deuxièmement le mardi 17 juin 1930 à Angélique Fortin à Saint-Martin.

4- Ange-Aimé 25 Carrier marié le 17 septembre 1918 à Marie-Eva Lacroix. Selon son gendre Gérard Carrier et noté par l'auteur en 1976, un incident cocasse a marqué ce mariage. À cause de la conscription, un policier militaire attendait le marié à la sortie de l'église pour l'enrôlement obligatoire dans l'armée de Sa Majesté. Aimé Carrier s'esquiva par la sortie de la sacristie et dû s'éloigner pendant trois semaines.

Enfants : Marcelle mariée à Philippe Turcotte 26 et Roch.

5- Mélina restée célibataire.

À l'âge de 52 ans, le jour précédant son troisième mariage, soit le 20 avril 1903, Ferdinand Carrier accompagné de Cécile Morin se rendent chez le notaire François Bourget pour faire rédiger leur contrat de mariage. 27 Ce contrat nous apprend que Ferdinand est rentier et qu'il habite à Saint-Honoré de Shenley, probablement au village puisque sa maison est sur un terrain ne mesurant qu'un arpent de surface. Céline Morin habite Saint-Henri-de-Lévis et est la veuve de Siméon Turcotte.

Le mardi 21 avril 1903, Ferdinand épouse en troisième noce Marie-Cécile Morin à Saint-Henri de Lévis. Octave Giguère beau-frère de Ferdinand lui sert de témoin. Ce mariage confirme que Ferdinand habite à Saint-Honoré de Shenley. Le troisième mariage de Ferdinand ne dure pas. Aucun enfant.


(photo: Collection Denis Carrier)

FERDINAND CARRIER

1851-1923

Ferdinand Carrier décède à l'hôpital de Sainte-Marie de Beauce à l'âge de 73 ans. Nous sommes en 1923 et il est inhumé dans le cimetière de Sainte-Marie le 20 septembre. Les témoins sont ses deux fils Aimé et Arthur. Ferdinand est dit veuf de Odile Boulet et autrefois de Saint-Honoré de Shenley.


1 Dit «le père Fardinâh».

2 Extrait du registre des baptêmes pour l'année 1851, Saint-Bernard de Dorchester.

3 Archives Publiques du Canada, Recensement 1881, microfilm bobine no. C1119, folio n. 84, pages 117 à 121.

4 1851 est l'année marquée par une forte activité volcanique dans les régions de Java et Soumatra en Indonésie, d'où un obscurcissement du ciel donnant un été froid.

5 Ceci après quasiment cent ans d'occupation.

6 Le 16e dimanche après la Pentecôte.

7 Brochure souvenir de Saint-Bernard de Dorchester, 1945, p. 18-19.

8 Précisé dans le recensement de 1861, bobine c1278, page 143, folio 17.

9 L'école du rang Saint-Luc ne sera bâtie qu'en 1880. En 1863, il s'agit sûrement d'une maison privée, probablement chez les Rhéaume voisin des Joseph Carrier III.

10 Brochure souvenir de Saint-Bernard de Dorchester, 1945, page 82.

11 Archives Publiques du Canada, Recensement de 1871, bobine no. C689, page 4 (division no. 3)

11a Concession par Sr. Joseph Romuald Lebrun dit Carrier à Sr Ferdinand Lebrun dit Carrier son frère. Le 6 février 1875, Pierre Plante, notaire, acte no. 3879.

12 Porte le prénom Eugénie (signe Eugénie à son mariage).

13 Extrait du registre des mariages de la paroisse Saint-Frédéric pour l'année 1876.

14 Archives Publiques du Canada, Recensement de 1871, bobine de microfilm no. C-689, page 58, district no. 158 , Beauce-ouest, sous-district 'c'. Énumérateur : Alfred Letendre. Hilaire Vachon et Eugénie sont recensés à la maison no. 173.

14a Contrat de mariage entre Ferdinand Carrier et Demoiselle Eugénie Vachon, 20 août 1876, notaire Louis-Germain-Alfred Legendre. Acte no. 2525

15 Archives Publiques du Canada, Recensement de 1881, bobine no. C-13194, 1881, 48-Beauce, F-St-Frédéric, page 38.

16 Extrait du registre des mariages de la paroisse Saint-Frédéric de Beauce pour l'année 1876. Octave sera recensé le 8e voisin de Ferdinand du côté d'Elzéar en 1881.

16a Vente par Ferdinand Carrier à Pierre Carrier, son frère, 24 août 1880, notaire Louis-Germain-Alfred Legendre, acte no. 3255.

17 Le recenseur précise le mois de la naissance.

18 Archives Publiques du Canada, Recensement de 1881,bobine no. C131194, 1881, 48-Beauce, F-St-Frédéric, page 38.

19 L'auteur a eu la chance de voir son grand-oncle vivant

20 D'après Gérard Carrier neveu d'Eugénie et père de l'auteur.

21 Extrait du registre des mariages de la paroisse Saint-Frédéric de Beauce pour l'année 1882.

22 Paul Goulet a 23 ans au recensement de 1881 était célibataire et habitait chez Pierre et Célamie Goulet à Saint-Frédéric.

23 Brochure souvenir de Saint-Bernard de Dorchester, 1945, p. 97.

24 Porte le prénom de Marie.

25 Porte le prénom Aimé seulement.

26 Habiteront principalement Bic dans le comté de Rimouski.

27 Contrat de mariage entre Ferdinand Carrier et Dame Cécile Morin, 20 avril 1903, François Bourget, notaire. Acte no. 10 272.


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