Sixième génération





Denis Carrier © 2015


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Joseph LEBRUN DIT CARRIER (III) et Martine/Mathilde GRÉGOIRE

Joseph Lebrun dit Carrier (III) était né le mardi 18 juillet 1820 à Saint-Henri-de-Lévis. Tout comme son grand-père Noël Lebrun dit Carrier (fils), il a une soeur jumelle que Joseph II et Marie-Anne Fortier appellent Catherine . Le parrain avait été Joseph Turcotte et la marraine Maria Beaudoin . L'abbé Joseph Lacasse avait baptisé le duo. 1

En 1833, alors qu'il n'avait que 13 ans, son père avait obtenu pour lui, une terre située dans la rang St-Luc dans ce qui deviendra Saint-Bernard de Dorchester. On peut facilement supposer que Joseph III a dabord débuté avec la supervision de son père pour ensuite continuer seul à mettre en valeur cette propriété.
Puis de l'âge de 13 ans à celui de son mariage à 22 ans, il est probablement celui qui, guidé, du moins au début, par son père, défriche les premiers arpents et construit cette première maison qui, de rénovation en rénovation, a pris l'air de modernité qu'elle présente aujourd'hui.

maison Joseph III
Maison Joseph-Lebrun dit Carrier III

La terre reçue et qui portait le numéro 12 de la concession Saint-Luc, avait été concédée à titre de cens et rente c'est-à-dire que jusqu'à la fin du régime seigneuriel qui arrivera en 1854, le censitaire avait de nombreux devoirs envers son seigneur. Dans le cas présent, monsieur Pozer exigeait annuellement (au mois d'octobre) un minot de blé sec, net, loyal et marchand ou cinq chelins 1a pour chaque 30 arpents de terre en plus des six sols de cens, le tout livré au manoir seigneurial.
De plus, le censitaire s'engageait à défricher au moins 4 arpents de terre à chaque année et ceci pendant les dix premières années (jusqu'en 1843). Dans ce cas précis, il devait laisser un gros arbre à chacun des coins de sa terre afin que l'on puisse en retracer les limites. Il devait y résider (textuellement "y tenir feu et lieu") donc construire une maison. Il devait aussi faire moudre son grain exclusivement chez Monsieur Pozer. Le chemin devant sa propriété était aussi sa resposabilité. Pour sa part, le seigneur se réservait tous les bois de chêne, les minéraux (surtout la chaux) et les métaux. 1b

Joseph Lebrun dit Carrier III est cultivateur. À l'âge de 22 ans, il épouse Martine Grégoire en plein hiver,le 11 janvier 1842 à Sainte-Marie de Beauce. 2 Après la publication des trois bans réglementaires et après avoir obtenu le consentement des parents de la mariée, le mariage est célébré devant l'abbé Georges Derome .

Le marié se dit résidant de Saint-Henri-de-Lévis (Saint-Bernard n'existe pas encore comme tel) et se présente sous le nom de Joseph Lebrun dit Carrier . Il sera le dernier de cette lignée à le faire à son mariage. L'adoption du code civil du Québec et le recensement fédéral de 1871 qui restreint le patronyme à un seul nom forceront à choisir entre Lebrun et Carrier. Ainsi, son fils Ferdinand ne proclamera plus son nom presque original ( de Bresme déformé en Lebrun ). Joseph III pour cette «grande occasion» est accompagné de son père Joseph Lebrun dit Carrier II . À cette date Marie-Anne Fortier , mère de l'époux, est déjà décédée.

Martine/Mathilde est mineure. Elle a 19 ans, 3 habite Sainte-Marie de Beauce depuis onze ans 4 et est la fille de François Grégoire et Marie-Charlotte Rhéaume . Son père l'accompagne à l'autel. Les mariés n'ont pas rédigé de contrat de mariage devant un notaire et déclarent ne pas savoir signer. 5

Le 27 juin 1842 une pétition de 99 «signataires» est envoyée à l'évêque du diocèse par les résidents de Saint-Bernard. Joseph III est certainement l'un des 99 à poser sa croix et a dû supporter la proposition de l'endroit pour l'érection de l'église située dans son rang, le rang Saint-Luc chez Nicolas Baillargeon près du lac. C'est cependant le site du rang Saint-Georges chez Pierre Turgeon qui sera retenu. 6

À l'automne de 1844, Joseph III déplore la mort de son père. Celui-ci décède le 28 novembre à l'âge de 72 ans et est inhumé à Saint-Henri-de-Lévis.

En 1849, Joseph III achète une jument de Louis-François-Xavier Vaillancourt. La jument en question est dite «sous poil blanc et jaune» et lui coûte la rondellette somme de 15 louis payables en trois versements annuels. 6a A titre de comparaison, une institutrice reçoit, à cette époque et à Saint-Bernard, 6 louis par an. En garantie de cet achat, notre ancêtre doit mettre en jeu sa terre incluant sa maison, avec l'étable et la grange. Le vendeur par contre ne donne aucune garantie. Joseph III a su rencontrer ses échéances puisque qu'il lèguera sa propriété intacte, 19 ans plus tard, à son fils ainé Romuald. Cet acte notarié nous permet de savoir qui étaient les voisins immédiat des Lebrun dit Carrier: au nord-est, Jacques Rhéaume et au sud-ouest, Edmond Goulet en plus de nous préciser que Joseph III a construit une grange et une étable adjacents à sa maison.

Nous savons par la naissance de son fils Ferdinand, qu'en 1851, Joseph Lebrun dit Carrier III habite toujours Saint-Bernard dans le comté de Dorchester et qu'il y exerce encore le métier de cultivateur. 7 En cette année-là, il est aussi recensé sous le nom de Joseph Carrier . C'est également en 1851, au début de l'année que Joseph III et Mathilde choisissent de faire leur testament. Moins d'un mois après la naissance de Ferdinand, soit le soir du 18 février, le notaire Pierre Plante se rend chez eux, en plein hiver et à la noirceur pour faire suite à l'inquiétude de leur possible décès. 7a «Considérant les certitudes de la mort et l'incertitude de son heure et ne voulant pas être prévenu sans avoir mis ordre à ses affaires temporelles» comme le précise chacun de ces actes, nos ancêtres passent à l'acte. L'important volcan du Pacific nous rapelle que le voilement de la lumière solaire qu'il avait provoqué avait résulté en une année plus froide que la normale. Un hiver nucléaire avant le mot, une fin du monde appréhendée ? Ces testaments sont essentiellement des donations mutuelles en cas de décès prématurés. Joseph III n'a que 31 ans et Mathilde 3 de moins en se basant sur les âges déclarés au mariage, mais ils ont déjà 5 jeunes enfants. Après avoir recommandé leur âme à Dieu, s'être assuré un service religieux à leur décès et un autre d'anniversaire un an plus tard, en plus de 12 requiem de messes basses chacun, ils font rédiger leur testament par Maître Plante. Ils s'assurent de payer ceux à qui ils pourraient devoir quelque chose et prévoient 5 piastres en argent courant de la province du Bas-Canada (Québec) pour chacun de leurs enfants. Deux témoins signent également à la lueur de la chandelle, à huit et neuf heures du soir, ces documents mémorables: Jean-Baptiste Rancourt et Louis Julien Demers . Joseph III et Mathilde pour leur part font leur marque usuelle, après double lecture de chacun des testaments, lui à 8 heures du soir et elle à 9.

St-Bernard
St-Bernard

En 1861, Joseph III est recensé avec sa famille à Saint-Bernard. 8 Il continu d'exercer le métier de cultivateur. Il a 41 ans. Mathilde Grégoire 9 son épouse en a 37. Ils ont à ce jour 10 enfants :

1- Joseph-Romuald né en 1845 10 et qui épousera le 28 juillet 1868 Marie-Anastasie Bilodeau à Saint-Bernard. Testament, le 21 mai 1877 devant Me Pierre Plante.
Enfants : Marie-Désilda, Joseph, Lumina, Louis (marié le 3 septembre 1897 à St-Narcisse, PQ, avec Métheldic Samson), Stanislas (marié le 24 août 1908 à Lewiston, Maine, USA, avec Cordélia Vaillancourt) Herménégilde (marié le 3 juin 1907 à Lewiston, Maine, USA, avec Azilda Vaillancourt), Georges (marié le 14 novembre 1899 à Bedford, Maine, USA, avec Fédora Boulet), Roméla (mariée le 17 juin 1901 à Somerworth, Maine, USA, avec Adélard Lemelin) et Virginie . 11

2- Elzéar né en 1846 et qui épousera en première noce, le 9 juillet 1867, Nathalie Doyon à Saint-Frédéric et en deuxième noce, le 17 janvier 1871, Céline Gagné à Saint-Bernard.
Enfants du deuxième mariage : Clara, Amanda, Félix et Alice .

3- Geneviève née en 1847 et qui épousera Pierre Racine le 18 janvier 1870 à Saint-Bernard.

4- Sifroid né en 1859 et qui épousera Marie-Damasille Octeau le 7 juillet 1874 à Saint-Bernard. En 1861, il a 12 ans et va à l'école.

5- Ferdinand né en 1851 et qui épousera, premièrement, Marie-Eugénie Vachon le 21 août 1876 à Saint-Frédéric, deuxièmement, Marie-Odile Boulet le 8 mai 1882 à Saint-Frédéric et troisièmement, Marie-Cécile Morin le 21 avril 1903 à Saint-Henri-de-Lévis.
Enfants du premier mariage : Albertine, Denise et Mélina .
Enfants du deuxième mariage : Ovide, Marie, Arthur et Aimé .
Aucun enfant du troisième mariage.

6- Marie-Célina née en 1854 et qui épousera Pierre-O. Giguère le 2 février 1880 à Saint-Honoré de Shenley. En 1861, Marie-Célina a 7 ans et va à l'école.

7- Grégoire né en 1855. En 1861 il a 6 ans et va à l'école.

8- Georges né en 1856 à Saint-Frédéric. En 1861, il a 5 ans et ne fréquente pas l'école.

9- Séraphine née en 1858 et qui épousera Joseph Morin , le 2 juillet 1889 à Saint-Honoré. Elle est institutrice à Saint-Bernard en 1887 et 1888. Elle est la première à enseigner à l'école no. 10, rang Saint-Pierre.

10- Pierre né en 1861 et qui épousera Marie-Adèle Goulet le 20 juillet 1886 à Saint-Bernard.
Enfants : Octave, Délima, Alice, Émile, Fortunat, J.-Aurèle et Évelina .

Joseph III dit ne savoir lire ni écrire. Mathilde pour sa part sait lire et écrire. 12 La famille Carrier habite la maison en bois d'un étage 13 dans le rang ou concession Saint-Luc (voir la maison ci-devant et la carte de Saint-Bernard). Joseph Carrier III a un lot de 90 acres dont 60 en culture. 34 3/4 de ces 60 acres ont produit une récolte en 1860. 25 acres sont en pâturage, 1/4 en verger ou jardin, 30 en forêt ou inculte. La valeur au comptant de sa terre est estimée à 1 500,00$ et celle de ses instruments aratoires à 10,00$.

Le rendement de ses cultures est le suivant : orge: 1/4 acre pour 3 minots, seigle: 1/4 acre pour 5 minots, pois: 1 1/2 acre pour 10 minots, avoine: 15 pour 250, sarazin: 4 pour 52, pommes de terre: 1 pour 50. Il a engrangé 400 bottes de 16 livres de foin.

Nous voyons par là qu'il n'engrange pas son foin en vrac mais le lie à la main, travail long et fastidieux auquel doivent participer les jeunes garçons. La famille Joseph Carrier III a également vanné 3/4 de minot de graine de trèfle, foin ou autres.

En 1860, ils ont également produit 50 livres de chanvre, 6 livres de laine, 100 livres de sucre d'érable, 15 verges d'étoffe foulée et 38 verges de toile. Joseph Carrier III possède 2 boeufs, 2 vaches, 2 génisses, 5 moutons et 2 porcs mais pas de cheval. La valeur de son bétail est estimée à 128,00$. Il a aussi en sa possession un baril de lard de 200 livres. Le produit de son jardin est évalué à 10,00$ par le notaire Pierre Plante recenseur.

Le dimanche de la Sexagésime de 1867 soit le 17 février, 14 le curé Joseph Bourrassa de Saint-Bernard recommande à la générosité de ses paroissiens Étienne Bilodeau qui a présumément perdu sa maison dans un incendie et «qui était sur le point d'être à son aise». Il veut se rebâtir et la maison qu'il habite entre temps appartient à « monsieur Carrier ». 15 Il y a de bonnes chances qu'il s'agisse de Joseph Carrier III . Il n'y a que deux familles Carrier dans la paroisse, l'autre éatnt celle de Philippe Carrier 26 ans. De plus, Romuald épousera l'année suivant une Bilodeau .

Un autre détail intéressant est mentionné dans la brochure souvenir de Saint-Bernard concernant Louis Carrier . Il peut s'agir de Louis Carrier fils de Jean Carrier et Ursule Beaudoin et neveu de Joseph III . 16 Louis Carrier travaillait à charger des madriers au moulin à scie de Saint-Romuald. Vaillant et économe, il avait pris l'habitude de travailler nu-pieds et même de revenir souvent chez lui, à Saint-Bernard, nu-pieds. Quelques fois, il apportait un sac de farine sur l'épaule. Les dessous de ses pieds étaient devenus vite une véritable corne. Un jour, il voulut profiter de cet avantage et cousu avec de la babiche des semelles à la corne de ses pieds. Il expérimenta vite qu'il avait fait une grave erreur, car les semelles s'arrachèrent et la corne de ses pieds subit un tel dommage, qu'il en fut bien ennuyé pendant quelque temps. 17

À l'été de 1868, Joseph III décide de prendre sa retraite même s'il n'est âgé que de 48 ans. C'est donc le 25 juillet qu'il fait rédiger un contrat de donation entre vifs pour lui et son épouse au profit de son fils aîné Romuald. 17a Cet acte détaillé nous apprend beaucoup sur ce qui était important aux yeux de nos ancêtres. D'abord nous découvrons que leurs voisins immédiats sont Augustin Baein (Bain) au nord et Edouard Goulet au sud. La donation comprend la terre, la maison, la grange et l'étable ainsi qu'une paire de boeufs, 4 vaches laitières, un veau d'un an, treize moutons, 2 cochons d'un an, 3 cochons du printemps, 7 poules de même que les instruments aratoires. Les meubles sauf deux lits, pour leur usage font aussi partie de la donation. Les donateurs excluent aussi leur «habits et linge de corps, chaussures et coiffures». Cette donation est accompagnée d'une liste exhaustive de charges que le receveur appellé donataire devra rencontrer. Même si officiellement les seigneuries sont abolies depuis 14 ans (1854) le notaire mentionne l'obligation de payer des rentes au seigneur Pozer. Romuald devra «nourrir comme lui-même à sa propre table», coucher, chauffer, éclairer, vêtir et entretenir ses parents jusqu'à leur décès, les mener à l'église les dimanches et fêtes d'obligation (nombreuses à l'époque). Il devra les «faire soigner et médicamenter», aller chercher le prêtre et le médecin en cas de maladie «tel un enfant tendre et respectueux doit faire envers ses parents». Il devra leur fournir l'usage d'un «bon» cheval ou jument (la jument "sous poil jaune et blanc" achetée en 1849 a-t-elle laissé une descendance même si la liste des choses provenant du donateur n'en fait pas mention ?) avec voiture et harnais que les parents pourront utiliser à leur gré, sauf pendant les temps de labour, de semence, des foins et récoltes. En cas de besoin, Romuald devra à leur demande atteler le cheval et les conduire lui-même. Il devra leur réserver une pièce d'une grandeur convenable et munie d'un bon «puits de feu» (foyer).

La pension viagère alimentaire (annuelle) devra être constituée comme suit: 710 mesures (pelle à main) de blé froment, un minot et demi de pois, un cochon gras de pas moins de 200 livres, un agneau, 15 minots de patates, 20 livres de «beau sucre du pays» (sucre d'érable), 2 livres de thé, 10 douzaines d'oeufs, un pot de bon gin, la moitié d'un demi quart (baril) de hareng, 4 livres de mendettes, 4 livres de savon, une quarantaine de pierres bleues et autant d'empois, un demi minot de sel, une livre de poivre, 6 livres de tabac à fumer, un pot de mélasse et un demi papier d'épingles.

En guise de vêtements, Romuald devra annuellement fournir à son père: 2 chemises de flanelle blanche et deux paires de caleçons, une paire de culotte d'étoffe foullée et 2 paires de bottes de cuir du pays avec jambières. Tous les trois ans, une blouse et une veste d'étoffe croisée, pressée et fondue. Tous les deux ans, un chapeau propre du magasin, un manchon de poche, une paire de souliers de cuir et une paire de mitaines du magasin. Tous les quatre ans, un casque de pelleterie (de fourure) et une chemise de coton barré. Une seule fois, un fichu de soie moirée.

Pour sa mère, il devra fournir: tous les ans, une jupe, un moulinot et un tablier de flanelle bleue, deux paires de soulier de cuir lisse, une verge d'indienne et une verge de «sheating». Tous les deux ans, une paire de gants de coton, une paire de gants de laine «du magasin», des aiguilles au besoin, un cul de drap, un grand châle «du magasin», un tablier de coton, une paire de souliers français et un manchon de poche.

À destination du couple, Romuald devra fournir deux carrés de terre dans le jardin potager commun que le couple devra sarcler et fermer (cultiver) convenablement. Romuald devra, pour sa part, clôturer le dit jardin afin d'empêcher les animaux de s'y introduire. Il devra fournir et entretenir une vache et une brebis qui devront être remplacées en cas de mort ou si elles ne mettent pas bas à chaque printemps. En ce qui concerne la rente viagère, elle sera diminuée de moitié advenent le décès de l'un des deux rentiers sauf pour la chandelle et de l'usage du cheval. Cette rente viagère inclut de pétrir et faire cuir le pain, de faire leur lessive et réparer leur linge draps, couvertes et paillasson. On y précise même le lavage des vitres et des planchers.

L'aîné s'engage aussi à faire enterrer convenablement ses parents, à leur faire chanter un service ordinaire et le plus tôt possible après leur sépulture de faire chanter quatre basses messes de réquiem pour le repos de leur âme. Il devra loger, coucher, chauffer, vêtir et nourrir ses frères et soeurs jusqu'à l'âge de 18 ans. Ceux-ci, par contre, devront travailler pour leur frère aîné suivant leurs forces, santé et capacité. Romuald devra aussi prévoir pour chacune de ses soeurs (Geneviève, Marie et Séraphine) une vache et un lit pour le jour où elles atteindront la majorité. Pour chacun de ses frères (Sifroid, Ferdinand, Grégoire, George et Pierre) une «moutonne» (brebis) pour le jour où ils répondront à deux critères soient de quitter sa résidence et d'être majeurs. L'acte se termine par l'apposition des marques de Joseph III, de Mathilde Grégoire et de Romuald et des signatures des témoins Louis Julien Demers et Augustin Tanguay, cultivateurs de Saint-Bernard.

En 1871, Joseph Carrier III est à nouveau recensé. 18 Il continu d'habiter Saint-Bernard. Sont fils aîné Romuald qui a épousé Anastasie Bilodeau, a effectivement pris charge de la ferme car c'est lui qui est indiqué comme chef de famille de la maison. 19 Joseph III et Martine/Mathilde ont déménagés dans la maison voisine. 20 Romuald et Anastasie ont deux enfants : Dasilda , 2 ans et Joseph , 9 mois. 21 Sifroid, Ferdinand, Marie, Grégoire, George, Séraphine et Pierre habitent chez Romuald.

En 1874, le curé Bourrassa rappelle ses paroissiens à l'ordre au 8 e dimanche après la Pentecôte 22 : «Monsieur Carrier inspecteur d'école vous fait avertir que si les écoles dans chaque arrondissement ne sont pas en marche cette année, qu'il sera obligé de faire un rapport au gouvernement qui vous imposera la cotisation». 23 Ce Monsieur Carrier a de bonnes chances d'être Joseph Carrier III ou Romuald son fils aîné. N'oublions pas qu'en 1887 et 1888, Séraphine Carrier sera institutrice. Elle sera la deuxième à occuper ce poste dans l'histoire de tout Saint-Bernard après Dame Champagne . 24

En 1876, Joseph III n'assiste pas au mariage de son fils Ferdinand. Il n' est pas pour autant décédé, ni son épouse Martine . Au recensement de 1881 25 nous les retrouvons dans la même maison où Romuald est en tête de liste. Joseph III et Martine y sont entourés de cinq petits-enfants de plus ( Louis, Lumina, George, Virginie et Palmana ) qu'en 1871. Ils sont situés entre Augustin Doyon et François Rhéaume , tous cultivateurs.


1 Extrait du registre des baptêmes de la paroisse Saint-Henri-de-Lévis pour l'année 1820.

1a Terme plus connu: shilling. Il a désigné, à partir de 1776, diverses monaies étrangères à l'Angleterre. (ref. dictionaire Oxford) Le shilling anglais valait 1/20 de livre.

1b Concession à titre de cens et rente de la terre no. 12, concession Saint-Luc, seigneurie Saint-Étienne de George Pozer à Joseph Lebrun dit Carrier (pour son fils Joseph III) 19 novembre 1833, notaire J. J. Reny, acte no. 661.

2 Extrait du registre des mariages de Sainte-Marie de Beauce pour l'année 1842.

3 Son âge basé sur le recensement de 1861 (bobine c-1278, page 143, folio no. 17) peut varier d'un an selon que son anniversaire ait été avant ou après le recensement.

4 Elle avait été recensés à Sainte-Marie de Beauce en 1831. Archives Publiques de Canada. Recensement du Bas-Canada 1831.

5 Au recensement de 1861, Martine déclarera cependant savoir lire et écrire.

6 Tiré de la Brochure souvenir de Saint-Bernard de Dorchester, 1945.

6a Obligation de Louis-Joseph Carrier à Louis-François-Xavier Vaillancourt, 26 novembre 1849. Pierre Plante, notaire, acte no. 183

7 Extrait du registre des baptêmes de la paroisse Saint-Bernard de Dorchester pour l'année 1851.

7a Testament de Louis Joseph Carrier, 18 février 1851, notaire Pierre Plante, acte no. 311 et testamnet de Mathilde Grégoire épouse de Louis Joseph Carrier, acte no 312.

8 Archives Publiques du Canada, Canada East Census 1861 Campton Co. & Dorchester Co., Bobine c-1278, folio 17, p. 143.

9 À ce recensement, l'épouse de Joseph III est appelée Mathilde alors que sur son extrait de mariage elle est appelée Martine. Au baptême de Ferdinand en 1851 er dans les actes du notaire Plante, elle est également appelée Mathilde.

10 L'année de naissance des enfants de Joseph III est basée sur le recensement de 1861.

11 Fr. Éloi-Gérard, Recueil de généalogie des comtés de Beauce-Dorchester-Frontenac, vol. 2, p. 270-271.

12 Ceci au recensement de 1871. Voir aussi (160). Archives Publiques du Canada, Recensement de 1871, bobine no. c 689, p. 4 (division no. 3).

13 Archives Publiques de Canada, Canada Eats Census 1861 Campton Co. & Dorchester Co., Bobine c-1278, folio 17, p. 358.

14 Dimanche qui précède les 60 jours avant Pâques. Cette date a été reconstituée à partir du quantième de Pâques établi suivant la formule de Gauss pour avril. Pour ce mois, Pâques = d+e-9. Si a, b et c sont respectivement les restes de la division de l'année proposée par 19, 4 et 7; d le reste de la division par 30 de 19a+m; e le reste de la division par 7 de 2b+4c=6d+n (m=24 et n=5 jusqu'à l'an 2100), on obtient le 21 avril pour le dimanche de Pâques de 1867. Grand Larousse vol. 8. Le dimanche qui précède les soixante jours précédant Pâques couvre la période de la fin de février. Il faut par conséquent établir si 1867 est une année bissextile. Les années postérieures à l'an 1 multiples de 4 le sont sauf si les deux premiers chiffres sont divisibles par quatre. 1867 n'est donc pas bissextile. Encyclopédie Americana vol. 5, pages 188 et 189.

15 Brochure souvenir de Saint-Bernard de Dorchester, 1945, p. 25.

16 Jean et Joseph III sont frères.

17 Brochure souvenir de Saint-Bernard de Dorchester, 1945, p. 68.

17a Donation entre vifs, de Sr Joseph Lebrun dit Carrier (III) et épouse à Sr Joseph Romuald Lebrun dit Carrier leur fils, 25 juillet 1868, Pierre Plante notaire. Acte no. 2893.

18 Archives Publiques du Canada, Recensement de 1871, bobine no. C-689, p. 4. District no. 159, Dorchester ouest, sous-district (a) St-Bernard, division no. 1. Énumérateur : François Grégoire.

19 La 11 e maison dans l'ordre de visite de l'énumérateur c-t-d après celle de Rhéaume et avant celle de Joseph III.

20 La 12 e soit celle entre Romuald Carrier et Augustin Roy.

21 «Né en février». Le recensement à St-Bernard a donc lieu à l'automne de 1871.

22 Le 25 mai.

23 Brochure souvenir de Saint-Bernard de Dorchester, 1945, p. 35.

24 Idem p. 85.

25 Archives Publiques du Canada, Recensement 1881, microfilm bobine no. c13193, Québec, 47-Dorchester à St-Bernard page 3.



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