Quatrième génération



(in english)




Joseph LEBRUN DIT CARRIER I 1 et Marie-Charlotte DENIS

Nous nous rappelons que Joseph-Noël avait été baptisé à Berthier le vendredi 26 février 1745 2 et qu'un peu avant d'avoir cinq ans, il perdit son père.

À partir du mardi 22 juin 1750, il doit s'adapter à un nouveau père en la personne de Pierre Bouchard. 3 Sa jeune mère aura mis à peine six mois avant de se remarier. Le nouveau ménage continue d'habiter à Saint-Vallier 4 probablement dans la maison que Noël Lebrun dit Carrier (père) avait achetée de Laurent Tareau et que Noël Lebrun dit Carrier (fils) a habité aussi. En comptant Joseph I, les trois premières générations de Lebrun-Carrier auraient habité cette maison. En janvier 1756, Joseph I a 10 ans et est témoins du départ de son grand-père pour l'autre monde.

Le jour de son douzième anniversaire, son entourage (surtout son père adoptif) s'apercevant qu'il sera bientôt adulte, décide de commencer à le dépouiller de son héritage avant qu'il ne puisse prendre conscience de ses droits.

En 1757, toutes les personnes aptes à intervenir en sa faveur sont dans l'impossibilité de le faire. Aucun des hommes de sa lignée n'est là pour interdire la transaction portant sur une partie de la terre lui revenant de droit. En effet, les propriétaires précédents Noël Lebrun dit Carrier père et fils sont tous les deux décédés et Joseph I est trop jeune pour faire valoir ses droits.

La première dépouille 5 porte sur cette partie d'une terre qu'on dit provenir de Marguerite Lebrun dit Carrier mais dont Noël fils avait acheté les droits en 1744 . La transaction consiste à rattacher une bande de terrain à ceux qu' Étienne Veau dit Sylvain a déjà et à payer 450 livres à ses créanciers. Les parties en cause renoncent également à leurs «droits et prétentions qu'ils pourraient avoir et prétendre par le décès de leur dite mère et belle-mère ( Marguerite Lebrun ) qu'à eschoir après le décès dudit sieur Sylvain leur père et beau-père». Ce dernier et sa nouvelle épouse Louise Labrecque pourront habiter cette partie de la terre de 3 arpents de front située entre Noyé Racine à l'est et Étienne Lebrun à l'ouest.

C'est aussi à cette époque que la famille Carrier assiste aux événements historiques que nous connaissons. À la lumière de mes recherches, Joseph I ne prend pas part aux combats de la prise de Québec en 1759, car il n'a que 14 ans. Quant à son père Noël Lebrun dit Carrier (fils) il est déjà décédé. Il en est probablement de même pour le serment d'allégeance au roi d'Angleterre qui suivit quelques temps après la défaite. Nous de cette lignée de la famille Carrier n'avons donc jamais été moralement tenu hier à combattre pour l'Angleterre de même qu'aujourd'hui à ses Occupants. 6

Quelques jours avant la prise de Québec, soit le jeudi 30 août 1759, un détachement de deux cents soldats reçoit l'ordre des autorités militaires anglaises d'aller rejoindre le capitaine Gorham à Lévis 7 afin de tout détruire sur la rive sud du fleuve. 8 Joseph I assiste certainement à cette destruction. Campant dans les bois, les habitants de Saint-Vallier voient flamber leurs fermes, mais ne peuvent rien faire de plus qu'attendre le départ des ravageurs. Incapable de faire du pain faute de farine (et d'outillage), ils doivent manger bouilli du blé récupéré de la catastrophe. 9 Ce blé leur est resté parce que, à la fin d'août, il est encore trop vert pour être incendié. Le bétail a été détruit et la farine pillée.

Deux ans plus tard, la vie a repris son cours normal à Saint-Vallier. Ainsi, le 31 janvier 1762, soit un mois avant d'avoir ses 17 ans, Joseph I voir sont père adoptif Pierre Bouchard acheter un terrain de Paul Veau dit Sylvain . 10 Paul Veau dit Sylvain est le cousin de Joseph I. Les parties se sont données rendez-vous dans la maison de Joseph Sylvain. Le terrain qui fait l'objet de la transaction mesure un arpent de largeur par quarante de profondeur. Sa largeur est divisée en deux parties égales de un demi-arpent et fait partie de la terre de trois arpents de largeur située dans Saint-Michel et ayant appartenu à Etienne Sylvain et Marguerite Lebrun les parents de Paul Sylvain, donc la même terre devant revenir à Joseph I puisque achetée par son père en 1744. Ce terrain est pour la première partie entourée au sud-est par Noyé Racine , au sud-ouest, par les sentiers de feu Etienne Lebrun son oncle paternel. Au nord-est, on y trouve le vendeur, et au sud-ouest, Michel Gautron , également oncle paternel de Joseph I. L'autre demi-arpent (de largeur) est borné au nord-est à Michel Gautron et au sud-est aux sentiers de celui-ci.

Pierre Bouchard paye à Paul Sylvain plutôt qu'à Joseph Lebrun dit Carrier I , mille cinq cent livres en espèce pour ce terrain. Joseph Corriveau, père de Marie-Josephte Corriveau («la Corriveau») signe comme témoin à ce contrat . 11

Au recensement de 1762, nous voyons que Joseph I habite bien chez son père adoptif et à Saint-Vallier. 12 On y note la présence de deux «enfants mâles au-dessus de 15 ans» . Il ne peut s'agir que de Joseph I (17 ans) et de Jean-François-Marie (15 ans au 23 septembre 1762) puisque Pierre Bouchard Marie-Ursule-Agnès Roy veuve de Noël Lebrun dit Carrier (fils), ne sont mariés que depuis 12 ans.

La ferme sur laquelle habite Joseph I, comprend quatre arpents de terre en culture, 40 semences 13 pour l'année 1762, deux boeufs, quatre vaches, une tauraille, six moutons, deux chevaux et cinq cochons. On note aussi la présence d'une domestique.

Pierre Bouchard fera une autre acquisition en 1762. 14 Le 23 novembre, il consolide sa mainmise sur une partie additionnelle de terres ayant appartenu à Noël Lebrun dit Carrier (père) et parvenu dans le cas de celle-ci à son petit-fils Louis Dodier époux de Marie-Josephte Corriveau par succession de Marie-Thérèse Lebrun . 15 Le père adoptif de Joseph I paye cent soixante livres « en bons effets à eux (les vendeurs) livrés» pour une bande de terre de 48 pieds de largeurs 16 par 40 arpents de longueur ayant probablement fait partie à l'origine de la terre concédée à Noël Lebrun dit Carrier (père) par Louis-Joseph Morel en 1719. Cette terre de Saint-Vallier est en 1762 entre André Poiré et Jean-Vallier Boutin . L'acte de vente est rédigé chez Pierre Bouchard ; Joseph I en est donc témoin. Josephte Corriveau pour sa part ne signe pas.

Au printemps de 1763, Joseph I suit certainement avec intérêt le procès de la Corriveau dont l'intrigue se passe tout près de chez lui. De plus, la victime Louis Dodier est son cousin et Isabelle Sylvain , témoin important est également sa cousine.

Il y a deux procès dans cette affaire. Le premier contre Joseph Corriveau , accusé du meurtre de Louis Dodier , fils de sa complice Marie-Josephte Corriveau , veuve du dit Dodier et fille de Joseph Corriveau , du mardi 29 mars au samedi 9 avril 1763; et le deuxième contre Marie-Josephte Corriveau seule, le vendredi 15 avril de la même année. Le tribunal militaire est présidé par le lieutenant Roger Morris . L'avocat de la couronne est Hector-Théophilius Cramahé et celui des accusés, Antoine-Jean Saillant . 17

Les faits : le lundi 27 janvier 1763 au matin, à Saint-Vallier de Bellechasse, Louis Dodier , habitant âgé d'environ 28 ans est trouvé mort dans son écurie, apparemment piétiné par ses chevaux.

Un voisin qui porte aussi le nom de Joseph Corriveau , s'empresse de prévenir son père, Jacques Corriveau , capitaine de milice, que son homonyme «Joseph Corriveau a tué son gendre Dodier ». Le capitaine se rend aussitôt à l'étable, pendant qu'il fait dire au curé Thomas Blondeau de le rencontrer à sa maison. Le capitaine et le curé, assistés d'une dizaine de témoins ayant vu le cadavre, rédigent un rapport dans lequel il est dit que Louis Dodier a été tué dans son étable par son cheval. 18 Ce rapport est porté au Major anglais Abercombe du 78 e régiment stationné à Berthier, qui se dit désolé de l'accident et ordonne d'enterrer Louis Dodier .

Pendant ce temps à Saint-Vallier, tout le monde s'énerve autour de la victime. Jacques Le Clerc fabrique un cercueil à la hâte car on veut l'enterrer le soir même. Le frère cadet de la victime, Joseph Dodier fils de Marie-Thérèse Lebrun dit Carrier , habitant à une lieu de là, arrive tardivement et peut à peine entrevoir le cadavre dont la tête est enveloppée d'un linge. L'inhumation se fait le soir même du 27 janvier à Saint-Vallier.

Le 2 et 3 février 1763, une vente à l'encan des biens de la veuve Dodier ( la «Corriveau» ) a lieu. Michel Gautron époux de Anne Lebrun dit Carrier , signe comme témoin au procès verbal de cette vente.

Isabelle Sylvain fille de Marguerite Lebrun dit Carrier , qui habite la maison voisine du couple Dodier-Corriveau , raconte que la nuit de l'accident, elle avait entendu un grand vacarme dans l'étable, comme si l'on avait battu les chevaux.

Devant cette rumeur, l'enterrement précipité et les disputes qu'avait eu Joseph Corriveau avec son gendre, le Gouverneur Murray donne l'autorisation d'exhumer le cadavre et ordonne de procéder à un examen minutieux. Cet examen révèle que les coups reçus par Louis Dodier ne peuvent avoir été portés par un cheval, même ferré (la blessure près de l'oeil a quatre pouces de profondeur).

Joseph Corriveau est arrêté ainsi que sa fille Marie-Josephte donnant lieu au premier procès qui se tient au Monastère des Ursulines.

À son témoignage, Isabelle Sylvain , servante chez Joseph Corriveau (l'accusé) et aussi nièce de celui-ci, ne parvient pas à établir l'heure précise du crime entre huit heures, le mercredi 26 janvier 1763 et le lever du soleil le 27 au matin. S'étant levée pour quelques «besoins pressants», elle dit avoir eu connaissance que Marie-Josephte était venu visiter son père, qui à cette heure-là, était au lit et qu'elle lui avait chuchoté quelque chose dans le creux de l'oreille. Celle-ci s'était ensuite chauffée environ une demi-heure avant de retourner chez elle. C'est après cette visite qu'Isabelle aurait entendu le grand bruit dans l'écurie. Sur ce dernier point, elle avait répondu différemment lors des trois interrogatoires préliminaires des 7, 14 et 15 mars 1763, devant l'avocat public et monsieur Panet .

La pauvre fille qui a 29 ans comme Marie-Josephte, avait trop parlé. Elle nie maintenant devant la cour ses affirmations antérieures, alléguant qu'elle avait témoigné sous l'empire de la crainte. Sa nouvelle réclusion est si incohérente 19 qu'on n'en peut rien tirer pour la preuve. C'est pour cette raison qu'elle sera poursuivie et condamnée comme parjure.

Avant de faire condamner Isabelle Sylvain fille de Marguerite Lebrun dit Carrier , par la court martiale, le gouverneur Murray consulte les autorités religieuses de Québec comme nous le prouve la lettre du Vicaire Général en réponse au Gouverneur :

«Suivant les désirs de votre Excellence, je me suis informé de Mrs Parent et Blondeau , curés successivement de la paroisse de St-Vallier au sujet de la nièce de Coriveaux (Isabelle Sylvain). Mr Parent me répond qu'il la croit imbécile et qu'il a eu beaucoup de difficulté à l'admettre aux sacrements. Mr Blondeau répond la même chose et il ajoute que c'est l'opinion de ceux qui la connaissent». 20

À l'issue de ce procès de deux mois et demi, Joseph Corriveau , sans avoir lui-même témoigné, est trouvé coupable du meurtre de son beau-fils Louis Dodier et condamné à être pendu. Marie-Josephte Corriveau est trouvée coupable de complicité et est condamnée à recevoir 60 coups de fouets et à être marquée au fer rouge de la lettre M (pour meurtre).

Isabelle Sylvain pour sa part est trouvée coupable de parjure et condamnée à recevoir 30 coups de fouets à neuf branches sur le dos nu, de la même manière, temps et places (sous la potence, sur la place du marché de Québec et dans la paroisse de Saint-Vallier) que la dite Josephte Corriveau et à être marquée d'un fer rouge à la main gauche avec la lettre P (pour parjure).

Ces sentences ne sont pas exécutées. Le père de la Corriveau, dans sa confession précédant l'exécution, entendue par le père Glapion , avoue ne pas être l'auteur du meurtre de Louis Dodier . Le père Glapion lui fait comprendre que d'être pendu pour le crime de sa fille équivaut à un suicide et que par conséquent, sa faute est impardonnable.

Joseph Corriveau révèle alors que sa fille seule a tué Dodier dans son lit et qu'il n'a aidé sa fille qu'une fois le meurtre accompli. La mère de la Corriveau elle-même ainsi que la petite Angélique Bouchard 21 issue du premier mariage de Marie-Josephte avec Charles Bouchard , corroborent la version de Joseph dans des interrogatoires séparés.

Le deuxième procès est ouvert. Il est plutôt expéditif. Tout se passe dans la seule journée du vendredi 15 avril 1763. Marie-Josephte Corriveau plaide coupable et la cour la condamne à être mis à mort en étant suspendus par les chaînes, dans une cage de fer, là où le Gouverneur le décidera 22 . L'endroit choisit est à la Pointe-Lévis près de la fourche de Lauzon et de Bienville.

Quatre jours plus tard, le 19 avril 1763, un avis du gouverneur Murray innocente Joseph Corriveau et Isabelle Sylvain . Il reconnaît qu' Isabelle Sylvain a plus péché par imbécillité que par mauvaise volonté et lui donne son pardon. Son excellence défend à toutes personnes en aucune manière de faire des reproches au dit Joseph Corriveau et à la dite Isabelle Sylvain et déclare qu'il punira avec la dernière rigueur ceux qui seraient dans le cas de contrevenir à cette défense. Cet avis public est publié à la porte de l'église de Saint-Vallier trois dimanches consécutifs à la sortie de la grand-messe.

Isabelle Sylvain retournera à Saint-Vallier où elle épousera Jean-Baptiste Grossin ou Grossaints , le 20 octobre 1766. 23 Lors d'une enquête folklorique menée à Saint-Vallier par Luc Lacoursière , celui-ci apprend de Joseph Bélanger , surnommé «Le Pape» que l'on avait composé une chanson sur Isabelle Sylvain. Mais «Le Pape» est mort sans lui avoir communiqué cette chanson. Lacoursière n'a pu la retrouver ailleurs.

Revenons à Joseph I et à d'autres faits le touchant de près. Il y aura bientôt 14 ans que Noël Lebrun dit Carrier (fils) est décédé et ce n'est qu'aujourd'hui 18 juillet 1763 que l'on s'est réuni dans la maison de Pierre Bouchard , celle ayant appartenu aux Noël Lebrun dit Carrier père et fils et achetée de Laurent Tareau . Le but de cette réunion est de rédiger un contrat clarifiant le partage de la somme provenent de la vente des biens meubles de Noël Lebrun dit Carrier (fils) 24 La tâche est confiée au notaire Joseph Fortier qui par la même occasion rédige un contrat de vente de Joseph Gautron à Pierre Bouchard . 25

En ce lundi d'été, on note en plus du notaire la présence de Pierre Bouchard habitant de Saint-Vallier agissant avec Ursule Roy comme tuteurs des enfants, Joseph Mercier époux d' Élisabeth Lebrun dit Carrier et Joseph Boucher .

La succession importante qu'avait laissé Noël Lebrun dit Carrier (fils) avait amené plusieurs personnes à se dire tuteurs des trois garçons. Mais qui était vraiment tuteur? François Marceau semble avoir été celui désigné par Noël Lebrun dit Carrier (fils) lui-même. D'abord parce qu'il a été le premier tuteur puis parce que n'ayant aucun lien de parenté rapproché avec les orphelins, seul Noël Lebrun a pu confier de façon aussi efficace ses enfants à un étranger avant sa mort. Il devait donc être un grand ami de notre ancêtre et pourrait peut-être nous éclairer sur les activités de celui-ci avant son mariage à un âge relativement avancé. Malheureusement, François Marceau est décédé avant que l'aîné des orphelins, Joseph I , n'ait atteint sa majorité, ce qui complique les choses. Ainsi, Joseph Gautron tuteur subrogé «en lieu et place de feu François Marceau vivant tuteur (tuteur lorsque vivant) des dits mineurs» aurait exigé au nom des enfants que Jean Marceau lui remettre les «titres et papiers» concernant la succession et ayant été en la possession de son frère. Jean Marceau s'exécute et remet les documents demandés y compris le procès-verbal de la vente des biens meubles ayant appartenu à Noël Lebrun dit Carrier (fils). Ces biens comprenaient entre autres ceux reçus de Noël Brem (Lebrun dit Carrier père) . Le précieux procès-verbal qui nous donnerait tant de détails sur ces deux ancêtres reste introuvable. Il avait été rédigé par le notaire Pichet . 26

Grosso modo, l'héritage en argent est divisé en deux parties égales dont l'une va à la veuve née Ursule Roy et remariée avec Pierre Bouchard et l'autre répartie également entre les trois enfants Joseph I (18 ans), Jean-François-Marie (15 ans) et Étienne (13 ans). Jean Marceau pour sa part est redevable de la somme de 46 livres.

C'est aussi en ce même 18 juillet 1763 et dans la même maison où vécurent trois générations de nos ancêtres qu'est rédigée la vente d'une autre partie des terres de Noël Lebrun dit Carrier (fils) à Pierre Bouchard . Celui-ci a convaincu Joseph Gautron de déclarer au notaire Fortier que : «en l' année 1757, du vivant de défunte Angélique Lebrun , sa femme il ( Gautron ) avait vendu (ce terrain) et que le dit contrat n'aurait put estre passé.» Cette déclaration amène cette bande de terrain de 8 pieds de largeur par 40 arpents de longueur passée par succession de Noël (père) à Angélique sa fille, puis d'Angélique à son mari, de passer aujourd'hui de Joseph Gautron à Pierre Bouchard . Elle faisait partie de la terre de «quatre arpents ou environ» 27 de largeur située en 1762 entre André Poiré et Jean-Vallier Boutin . 28

Trois ans passent encore avant qu'une partie des biens immeubles ayant appartenu à Noël Lebrun dit Carrier (fils) soient à leur tour partagés. Ce contrat est passé devant le même notaire le vendredi 24 juillet 1766. C'est encore à la demande de Pierre Bouchard , maintenant cotuteur avec son épouse, que le notaire Fortier rédige cet acte. Les enfants héritiers sont là de même que Jean-Vallier Boutin et André Aubé témoins et Joseph Gautron tuteur subrogé.

La terre a partager à 3 arpents linéaires 29 , une perche (linéaire) et 5 pieds (français) de largeur pour un total de 563 pieds français ou 600 pieds anglais ou 182.4 mètres. Elle donne sur le fleuve St-Laurent et a 40 arpents (2.19 km) de profondeur. Sa largeur (de 182.4 m) au fleuve, augmente en direction de la « petite rivière» .

Les parties ont convenu que la moitié de la terre revenant à Ursule-Agnes serait adjacente à celle de son mari pour y être rattachée. Elle aura donc la partie du côté d' André Poiré allant du fleuve à la «petite rivière» et se continuant en direction sud jusqu'à la terre de Laurent Roy . 30

L'autre moitié est divisée en trois bandes également larges de 5 perches, 3 pieds français ou 100 pieds anglais ou 30.4 mètres au fleuve 31 et tirées au sort. Pour ce faire, le notaire prépare trois billets sur lesquels il inscrit le nom de chacun des héritiers. Ces billets sont enroulés, brouillés dans un chapeau et on demande à un jeune garçon de les en tirer. Ils sont posés sur trois lignes représentant les trois bandes de terrain à être léguées. Le premier nom tiré est Joseph I . Il aura la partie le long de la ligne séparant les terrains hérités du lot voisin. Le deuxième nom tiré est « Jean-Baptiste » ( Jean-François-Marie ). Il aura la bande de terrain adjacente à Pierre Bouchard , Étienne implicitement reçoit la partie entre ses deux frères. 32

Un an après le partage de ces biens immeubles, soit le samedi 20 juin 1767, Pierre Bouchard fait rédiger deux actes d'assemblées par le notaire Fortier . Cette initiative de Pierre Bouchard semble basée sur le fait que Étienne Roy est son demi-beau-frère. 33

Dans le premier acte 34 Pierre Bouchard veut faire saisir la terre «en bois debout» d'un arpent et demi de largeur par quarante de profondeur située au sud de la rivière Boyer dans la paroisse Saint-Charles et appartenant à Étienne Roy et à sa fille de dix ans à cause des arrérages de rentes seigneuriales et parce que ses propriétaires n'ont pas su faire le déboisement tel que l'exigent la loi et leurs voisins. On suggère dans cet acte qu'ils se trouvent un emplacement à Saint-Vallier «parmi leurs parents où ils auront du secours» ; mais eux sont de toute évidence réticents à se départir de leur droit de propriétaire disant qu'ils ne veulent rien décider sans avoir consulté Augustin Roy , oncle paternel et Charles Laimelin oncle maternel de la mineure, ses cousins René «Laverdière, Nicolas Morisette et Louis Bailly ainsi que son ami Jean Charon . Les marchands Joseph Riverin et Charles Mauvide , après délibérations, donnent leur «bon et fidèle avis» à Étienne Roy soit qu'il se rende à Saint-Vallier afin de se trouver un emplacement ceci «luy estant plus avantageant que de perdre le tout».

Nous pouvons facilement deviner la suite de la manigance qui mène à la rédaction du deuxième acte. La personne disposée à marchander un emplacement et ayant un certain lien de parenté avec Étienne Roy , nous la connaissons.

Par ce deuxième acte d'assemblée, Étienne Roy et sa jeune fille obtiennent en échange de leur terre 35 que Pierre Bouchard leur accorde une vache et un emplacement d'un arpent situé en face de 36 tante Bellechasse et faisant partie de la terre de Pierre Bouchard bornée au nord-est à Jean Laurent Roy . Étienne Roy devra prendre son arpent de terre dans la partie nord-est le long de la route menant au village de Saint-Vallier. Les marchands Joseph Riverin et Charles Mauvide assistent à cette réunion et signent au bas de chacun des deux actes d'assemblées.

Un mois plus tard, Pierre Bouchard obtient de Joseph I qu'il lui cède sa part dans la partie principale de la succession de son père. 37 Joseph I a maintenant 22 ans 38 et il habite toujours à Saint-Vallier.

Le samedi 18 juillet 1767, dans l'après-midi, il se rend donc chez le notaire Fortier à Saint-Michel pour y vendre ses droits dont les principaux seraient dans la terre et peut-être aussi la maison 39 Lebrun dit Carrier où habite Pierre Bouchard et sa mère (de Joseph I ). L'acte inclut le renoncement à toutes revendications qu'il pourrait faire après le décès de sa mère, «sans rien réserver, exepter ni retenir autre trois say de toile».

En échange de la vente de ses droits, Joseph Lebrun dit Carrier I reçoit de son beau-père 332 livres sur les 1 800 fixées. Le restant sera acquitté «en argent courant ou bons effets dont ils pourront avoir besoin». Pierre Bouchard fait ainsi payer Joseph I pour l'entretient de sa propre femme et de ses deux fils adoptifs à même la succession. Il ne sera donc pas surprenant que Joseph I prétende avoir encore des droits sur la succession lors de son contrat de mariage. Les témoins ayant signé lors de cette cession furent : Michel Monmeni et Jean-Marie Ruéllan . Ursule-Agnès Roy qui est pourtant touchée de près par cette cession (elle est la mère de Joseph I et l'épouse de Pierre Bouchard) n'est pas présente. Elle n'est de toute évidence pas intéressée par ce genre d'activité. Elle avait agit similairement lorsque son premier mari Noël Lebrun dit Carrier (fils) avait acheté les droits de ses frères et soeurs sur le domaine peu après leur mariage.

Le même samedi 18 juillet 1767, les parties en présence profitent de la disponibilité du notaire Fortier pour rédiger un acte de plus. Joseph Lebrun dit Carrier I achète (ou reçoit indirectement de Pierre Bouchard en payement pour sa cession) une terre à Saint-Charles. 40 Il s'agit de la terre de Pierre Garant époux de Françoise Gendron et qui a une superficie de 90 arpents. 41 Elle est située dans la seigneurie de Lauzon au sud de la rivière Boyer et bornée à l'est à la veuve Baptiste Proulx et à l'ouest à Pierre Moore . L'accès sur cette terre se fait par le bout donnant sur la rivière Boyer et elle s'enfonce sur 30 arpents dans les terres. Aucune construction n'est mentionnée. Cette terre avait été concédée à Pierre Garant par le Sieur Charest alors seigneur du lieu par acte notarié passé devant maître Panet le 12 novembre 1764, acte qui avec d'autres papiers concernant la propriété sont remis à Joseph Lebrun dit Carrier I . 42 Notre ancêtre paye 650 livres pour la terre dont 326 comptant.

Les actes de renoncement à ses droits et l'achat de la terre de Pierre Garant étant rédigés en même temps, l'argent (si argent il y a eut) est certainement passé directement de Pierre Bouchard à Pierre Garant. Pierre Bouchard n'a donc versé que 6 livres (332-326) à Joseph I . Même ces 6 livres ont pu être payées avec les pièces de toile déjà mentionnées. La terre achetée par Joseph I n'est certainement pas inconnue de Pierre Bouchard. Rappelons-nous qu'un mois auparavant, celui-ci avait fait saisir une terre également située au sud de la rivière Boyer dans la paroisse Saint-Charles.

Pour atteindre la somme de 650 livres, Joseph I s'engage de plus à verser les 326 livres restant au mois de février suivant. Le 1 er mars 1769, un avenant est rédigé par Fortier attestant que Joseph Lebrun dit Carrier I s'est acquitté des 324 livres. 43 Pierre Garant «reconnaît et confesse avoir eu et reçu la somme de 324 livres pour parfait et entier payement de la présente acquisition».

Le jeudi 23 novembre 1769, Joseph Lebrun dit Carrier I et Marie-Charlotte Denis font appel au notaire Fortier pour rédiger leur contrat de mariage. 44 La réunion qu'il en résulte a lieu dans la maison de l'habitant Charles Denis père de la future mariée qui réside à Saint-Charles de Bellechasse. Les beaux effets qu'apporte la mariée sont étalés dans la maison et plusieurs proches s'y sont donnés rendez-vous. Du côté de la mariée, il y a en plus de son père et de sa mère, Marie-Madeleine Pichet , son frère Charles Denis (fils), Étienne et Denis LesSaints . Du côté de Joseph I , seul son ami Joseph Gaboury l'accompagne. Il y a aussi parmi les invités Jean-Marie Ruéllan et Michel Patri . Sa mère et son père adoptif Pierre Bouchard sont absents. Une telle omission laisse entrevoir une dispute de longue haleine.

Joseph I et Marie-Charlotte promettent de se «prendre l'un l'autre party(de se marier) à l'église, le plutôt que faire se poura» et de mettre en commun leurs biens et droits. «Ceux du futur époux consistant en ses droits... à échoir desquels droit il lui sera rendu compte. 45 Ceux de la future épouse consistant en «ses droits et prétentions à échoir après le décès ses dits père et mère». Charles Denis donne aussi à sa fille «sa première future vache (sa première génisse à naître), deux brebis, la mère et (le) petit soit l'année prochaine», son rouet, un coffre ou buffet et de la «litrie ».

Les époux se font également « présent égal et réciproque entre eux» de la somme de deux cents livres qui ira au survivant et qui sera constitue par des meubles et des habits gardés dans le coffre ou buffet ainsi que le lit dans l'état où il se trouvera.

À la conclusion de ce contrat de mariage seul Joseph Gaboury, Jean-Marie Ruéllan, Michel Patri et le notaire signent, nous apprenant par-là que ni Joseph I ni Marie-Charlotte ne sont allés à l'école.

Le lundi 27 novembre 1769, Joseph Lebrun dit Carrier I à 24 ans épouse Marie-Charlotte Denis 46 à Saint-Charles dans le comté de Bellechasse. Joseph I est « laboureur » (cultivateur). Il est remarquable qu'il ait conservé le nom Lebrun dit Carrier 47 de son père biologique plutôt que de prendre le nom de son père adoptif.

En 1775, le gouverneur anglais Carleton oblige tous les Canadiens à prendre les armes pour s'opposer à l'avance américaine sur Québec. Joseph I qui a alors 30 ans aurait choisi de se joindre aux Américains plutôt qu'à l'occupant. 48 de Mons de Beaujeu , il aurait marché avec les Bostonnais contre le détachement du roi d'Angleterre. Il se serait trouvé dans l'action à la rivière du Sud. Cette bataille communément appelée aujourd'hui bataille de Saint-Thomas avait eut lieu sur le territoire de la paroisse Saint-Pierre-du-Sud autour de la maison de Michel Blais . 49

Les enquêteurs de Carleton feront remarquer l'année suivante dans leur rapport qu'il aurait fait ce choix sans y avoir été forcé. Joseph I avait de bonnes raisons de participer à cette bataille : destruction, par les Anglais, de sa paroisse lorsqu'il habitait Saint-Vallier, proximité entre Saint-Charles qu'il habite et Saint-Pierre (Saint-Charles est aussi sur le trajet de pénétration des Américains) De plus, il y a des antécédents militaires dans sa famille. Son grand-père maternel, Nicolas Roy 50 avait été lieutenant de milice sous le régime français et son oncle paternel Michel Gautron capitaine de milice pour les paroisses Saint-Michel et Saint-Vallier. Un autre de ses oncles était capitaine de milice à Saint-Vallier en 1757. 51

Les enfants de Joseph Lebrun dit Carrier (I) et Marie-Charlotte Denis dont on retrouve le mariage dans la région 52 sont :

1- Marie Carrier mariée le 28 janvier 1794 à Nicolas Morissette à Saint-Charles.

2- Joseph (II) marié le 3 octobre 1796 à Marie-Anne Fortier 53 à Saint-Charles.

3- Angélique Carrier mariée le 5 octobre 1801 à Joseph Fournier à Saint-Charles.

4- Pierre Carrier marié le 4 octobre 1803 à Marguerite Tanguay à Saint-Charles. Ils habiteront Saint-Charles au recensement de 1831. 54 Enfants : Josette (Mme Pierre Patry) Ursule (Mme Bénoni Patry) .

5- Jean-Baptiste Carrier marié le 26 octobre 1807 à Cécile Boutin à Saint-Vallier. Habiteront Saint-Charles en 1839. 55

Enfants : Cécile (Mme Joseph Fournier fils ) 56 , Barthélémi, Joseph et Étienne .

6- Reine Carrier mariée le 27 octobre 1807 à Thomas Roy à Saint-Charles.

7- Marie-Geneviève Carrier mariée le 29 septembre 1812 à Pierre Roy .

Joseph Lebrun dit Carrier (I) et Marie-Charlotte Denis habitent donc principalement Saint-Charles. En 1796 Joseph I est présent au mariage de son fils Joseph (II) à Saint-Henri-de-Lévis. 57

Le 12 novembre 1799, la mère de Joseph I née Ursule Roy est inhumée à Saint-Vallier. Elle avait 72 ans. 58

Le 4 octobre 1803, Joseph Lebrun dit Carrier (I) habite Saint-Charles et y est agriculteur. Flanqué de son frère Étienne et de son fils Jean-Baptiste , il accompagne son autre fils Pierre, qui ce jour-là, épouse Marguerite Tanguay fille mineure de Joseph Tanguay et Marguerite Roy après avoir obtenu dispense du troisième au quatrième degré de consanguinité. 59

En 1807, le 27 octobre, sa fille mineure Reine épouse Thomas Roy de Saint-Michel après avoir obtenu dispense du troisième degré de consanguinité. Joseph I est présent de même que son frère Étienne. 60 Joseph I Lebrun dit Carrier décède le 15 février 1815 à Saint-Charles de Bellechasse, à l'âge de 72 ans. 61


1 Fils de Noël Lebrun dit Carrier (fils) et Ursule Roy. Ne pas confondre avec son oncle paternel du même prénom soit Joseph Lebrun dit Carrier fils de Noël Brem/ Lebrun dit Carrier (père) et Anne Brochu.

2 Tanguay vol. 5, p. 233.

3 Pierre Bouchard est le fils de Nicolas Bouchard (fils) et Anne Veau dit Sylvain de Château-Richer et le petit-fils de Nicolas Bouchard (père) de Bervenet évêché de La Rochelle et Louise Bressard. Tanguay vol 1, p. 70.

4 Les baptêmes des cinq enfants nés du remariage de sa mère ont lieu à Saint-Vallier entre 1747 et 1761. Tanguay, vol 5, p. 232 et vol 2, p. 370.

5 Transaction entre Étienne Sylvain veuf de Marguerite Lebrun, Louis Lamelin, Joseph Garant et Élizabeth Sylvain. 26 février 1757, notaire Joseph Fortier.

6 Voir plus loin, où en 1775 Joseph I se serait joint à la rébellion américaine, puis où, en 1918, Aimé Carrier, fils de Ferdinand, refuse la conscription.

7 Les anglais on déjà pris position en face de Québec.

8 Le ravage d'après Mgr Pontbriand porte sur 17 paroisses réparties sur 36 lieues de pays à l'est de Québec dont Saint-Vallier fait parti.

9 Raoul Roy. Les Patriotes indompttables de La Durantaye, 1977. Les éditions Parti Pris, page 31.

10 Vente de terrain de Paul Veau dit Sylvain à Pierre Bouchard, 31 janvier 1762, notaire Fortier.

11 Il s'agit bien de ce Joseph Corriveau. Les signatures sur ce contrat et dans Le triple destin de Marie-Josephte Corriveau de Luc Lacoursière, Cahiers des Dix, Montréal, 1968, no. 33, page 221, sont identiques.

12 Recensement du Gouvernement de Québec en 1762. Rapport de l'archiviste de la province de Québec, 1925-26, no. 6, page 41.

13 L'unité de mesure n'est pas donnée.

14 Vente par Louis Dodier et Alexis Faucher à Pierre Bouchard, 3 novembre 1762. Fortier.

15 Marie-Thérèse Lebrun est décédée avant le 23 novembre 1762. Idem.

16 «Pour chacun des dits (deux) vendeurs vingt-quatre pieds» Idem.

17 Antoine-Jean Saillant ne recevra une commission d'avocat que trois ans plus tard, le 9 juillet 1766.

18 Les habitants veulent éviter de mêler les conquérants à leurs affaires et régler le tout «en famille».

19 L'incohérence peut aussi s'expliquer par la barrière linguistique. Ces procès se déroulent en anglais. Les accusés et les habitants de Saint-Vallier, appelés à témoigner ne connaissent vraisemblablement pas l'anglais, non plus que l'avocat Saillant désigné par la cour. Par contre, Cramahé connaît bien le français étant lui-même descendant de hugenots réfugiés en Angleterre. Il n'est nulle part fait mention de traducteur ou d'interprète.

20 Lettre du Vicaire Général, Mgr Briand au Gouverneur Murray, le 7 avril 1763. L'original de cette lettre est à l'Archevéché de Québec.

21 Son père, Charles Bouchard «première victime» de la Corriveau est le frère de Pierre Bouchard père adoptif de Joseph Lebrun dit Carrier I.

22 Textuellement : «The Court... adjudge her to suffer death... by being hanged in chains wherever the Governor shall think proper.»

23 Contrat de mariage, notaire Fortier, 10 octobre 1766.

24 Partage des biens (meubles) de Noël Lebrun dit Carrier (fils). 18 juillet 1763, notaire Fortier. Archives nationales du Québec.

25 Vente par Joseph Grautron à Pierre Bouchard. 18 juillet 1763 notaire Fortier.

26 La presque totalité du greffe Pichet a été incendié.

27 Fortier l'indique ainsi.

28 Noël Brem (Lebrun dit Carrier père) y avait trois terres. Celle achetée de Laurent Tareau en 1697 (trois arpents de front), celle échangée avec Guillaume Le Roy en 1710 (un arpent de front) et celle reçu de Louis-Joseph Morel en 1719 (trois arpents de largeur).

29 L'arpent de Paris, mesure de surface par définition et qui vaut cent perches carrées de 18 pieds (français) de côté ou 3418.87 mètres carrés (Dictionnaire Encyclopédique Universel Grolier, éd. 1966, tome 1, p. 75) est utilisé ici comme mesure linéaire. Les 100 perches carrées formées d'un carré de 10 perches sur 10 perches donnent une mesure linéaire à l'arpent de 10 perches. Une perche de Paris valant 18 pieds français, on obtient donc une valeur de 180 pieds français pour un arpent linéaire. Le pied français pour sa part vaut 1.06575 pieds anglais ou 32.4 cm. M. Gaumond, La Place Royale, 1976, p. 31.

30 Textuellement : «... la moyen parties de ce qui reviens à la mère est du costé du nodest ils sont d'accord parties que le terrin prendra depuis la ligne de André Poiré depuis le fleuve jusqu'à la peitite rivière et au-dessus de celle à Laurent Roy allant jusqu'au sud-ouest... »

31 Textuellement : «les trois arpents une perche et cinq pieds divisés en deux fois par moitié quinses perches onses pieds ou environ sauf a augmenter ou diminuer suivant les mesures et les quinses perches onses pieds cinq perches trois pieds dix pouces... »

32 Textuellement : «avons fait trois billets... qui sera posé sur trois lignes marqués nord-est et sud-ouest desquesl nous avons fait ouverture du premier tiré et posé sur la ligne marqué sud-ouest dans lequel s'est trouvé lu Joseph et la première part à la ligne luy apartiens ensuite ce trouve escrit Jean Baptiste le long du terrin apartenant auà Pierre Bouchard par ses acquisitions des quels sort et partage à chacun se sont contenté...»

33 Étienne Roy est issu de premier mariage de Nicolas Roy alors que Ursule Agnes (épouse en première noce de Noël Lebrun dit Carrier (fils) et de Pierre Bouchard en deuxième noce) l'est du deuxième. Étienne Roy est veuf de Marie-Françoise Laimelin.

34 Le premier porte le titre «Acte d'assemblée par Pierre Bouchard» et le deuxième «Acte d'assemblée par Pierre Bouchard (Échange avec Étienne Roy)». Quoique les deux actes soient rédigés le même jour, l'ordre de précédence est précisé au début du deuxième acte par la mention «en conséquence de l'acte d'assemblée des présents en date de ce jour».

35 Bornée au nord-est par celle de Boniface Obé et au sud-ouest par «l'autre terrain d'un arpent et demi appartenant à Étienne Roy et obtenue précédemment (Contrat Fortier, le 16 octobre 1757) par échange avec Louis Laimelin».

36 Textuellement «pardevant la devanture à»

37 Cession par Joseph Lebrun à Pierre Bouchard 18 juillet 1767, notaire Fortier.

38 La majorité à cette époque nétant atteinte qu'à 25 ans, le renoncement définitif de Joseph I à ses droits de succession n'est donc pas légal. Dans cet acte du 18 juillet 1767, le notaire Fortier indique faussement que Joseph I est majeur. Réf. : Tanguay Dictionnaire Gén. C.F. vol 5, p. 233.

39 Si elle ne fut pas incendiée à l'été de 1759.

40 Vente par Pierre Garant à Joseph Lebrun. 18 juillet 1767, notaire Fortier.

41 3 de largeur par 30 de profondeur.

42 Concession par Étienne Charest à Pierre Garant, 12 novembre 1764. Notaire Panet. À cette date, le voisin à l'est était Pierre Lecompte et celui à l'ouest, le même Pierre Moore qu'à l'achat par Joseph I.

43 Ajouté sur l'acte de vente du 18 juillet 1767 de la terre de Pierre Garant.

44 Contrat de mariage de Joseph Lebrun et Marie-Charlotte Denis. 23 novembre 1769, notaire Fortier.

45 Joseph I conteste ainsi la cession rédigée deux ans plus tôt alors qu'il était mineur.

46 Appellée correctement M-Charlotte Denis dans Report Concerning Canadians Archives for the year 1905, 1906.

47 Dans son contrat de mariage, il avait dit Lebrun seulement.

48 Procès verbal d'une enquête dans les paroisses du district de Québec pour le gouverneur Carleton par Baby, Taschereau et Williams paru dans Le rapport de l'archiviste de la province de Québec, vol. 8, 1927-28, p. 475. L'auteur du présent ouvrage ne peut affirmer avec certitude qu'il s'agit bien de l'ancêtre Joseph Lebrun dit Carrier I parce qu'il y avait plusieurs Joseph Carrier d'âge adulte à cette époque et dans la même région. Il serait reconnaissant envers toute personne pouvant apporter des précision sur l'identité de ce Joseph Carrier.

49 Raoul Roy, Les Patriotes indompttables de La Durantaye, éd. Parti Pris, 1977, pages 48 et 49.

50 Variation : Le Roy

51 Information provenant du contrat : «Transaction entre Étienne Sylvain veuf de Marguerite Lebrun (dit Carrier), Louis Lamalin, Joseph Garant et Élizabeth Sylvain.» Fortier, 26 février 1757.

52 Dans les comtés de Montmagny, l'Islet, Bellechasse, Beauce ou Dorchester, Éloi-Gérard Talbot : Généalogie des familles originaires des comtés de Montmagny, L'Islet, Bellechasse, vol. 3, pp. 219-226; Éloi-Gérard, Généalogie des familles originaires des comtés de Beauce-Dorchester-Frontenac, vol. 2, pp. 268-273; Charles Beaumont, Généalogie des familles de la Beauce, dans Rapport des archives canadiennes de 1905, (publié en 1906).

53 Fortin d'après Charles Beaumont (source moins sure)

54 Archives Publiques du Canada, Recensement du Bas-Canada- 1831.

55 Au mariage de Cécile. Extrait du registre des mariages de Saint-Isodore pour 1893.

56 Notaire à Saint-Isidore de Dorchester.

57 Extrait du registre des mariages de la paroisse Saint-Henri-de-Lévis pour l'année 1796.

58 Extrait du registre de la paroisse Saint-Vallier de 1799.

59 Extrait de registre des mariages de la paroisse Saint-Henri-de-Lévis pour l'année 1803.

60 Extrait du registre des mariages de la paroisse Saint-Henri-de-Lévis pour l'année 1807.

61 Extrait du registre des sépultures de la paroisse Saint-Charles-de-Bellechasse pour l'année 1815.



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