Troisième génération


(in english)





Noël LEBRUN DIT CARRIER (fils) et Marie-Ursule ROY

Noël Lebrun dit Carrier (fils) 1 était né en septembre 1704 et avait été baptisé le 16 à Saint-Michel de la Durantaye. Il est le fils de Noël Brem (Lebrun dit Carrier) et d' Anne Brochu.

Les premiers écrits sur sa vie active que j'ai retracés sont ceux de sa dispute avec l'un de ses concitoyens, Jeans-Baptiste Leroy . 2 Des documents du Conseil Supérieur de la Prévoté de Québec, 3 nous apprenons peu de chose sur la nature de la dispute sinon que Leroy veut faire payer une amende à notre ancêtre pour un «exploit de défense» du 16 mai 1736 se rapportant à une dispute à propos de bien foncier («de fond de terre »). Par la requête de 1735 nous voyons que Noël Lebrun dit Carrier est habitant à Saint-Vallier . Le 24 juillet 1736, Leroy rédige un rapport («aveu») de l'exploit de défense en question. Le 27, on note un premier voyage de l'huissier chez Noël Lebrun dit Carrier (fils). Le parcourt de l'huissier n'est pas précisé. S'est-il rendu à Saint-Vallier ou s'est -il déplacé seulement dans Québec ? D'après la somme demandée par l'huissier et le fait de préciser qu'il s'agit d'un voyage, il se serait rendu à Saint-Vallier, indiquant par là que Noël (fils) réside à Saint-Vallier et non à Québec en 1736. La somme demandée par l'huissier pour présenter une requête la même année à l'intendant et renvoyée à l'intérieur de Québec, ne coûta que 30 sols.

Le vendredi 14 décembre 1736, un inventaire de production rédigé par M e Boissonneau est fourni par Leroy. Cet inventaire est soumis au Conseil Supérieur de Québec le lundi 17 juin 1737.

Le 18 mars 1738 la sentence est rendue contre Noël Lebrun dit Carrier (fils) et un deuxième voyage de l'huissier coûte 6 livres. Le 23 mars 1739, un arrêt est rendu par le Conseil Supérieur suite au Rapport de monsieur Taschereau et qui condamne Noël à des «taxes de dépenses». 4 Le lundi, 27 avril 1739, l'huissier Jean-Étienne Dubreuil qui réside rue Saint-François, présente la requête de Jean-Baptiste Leroy à Noël Lebrun dit Carrier (fils), le sommant de se présenter devant le Conseil Supérieur le deuxième samedi de mai 1739 que Taschereau croît être le huit. Constatant que le samedi visé est le 9 et non le 8, notre ancêtre «affecte de ne pas comparaître». Cette erreur oblige Latour à écrire à Taschereau pour qu'il choisisse une nouvelle date à laquelle Noël devra comparaître. Aucun frais d'huissier ne sera ajouté le samedi 13 juin pour cette nouvelle requête.

Nous savons aussi qu'au 6 juin 1739, Leroy est à construire sa maison à Québec et que Noël Lebrun dit Carrier (fils) habite maintenant chez le sieur Dorseval 5 également de Québec. C'est aussi le samedi 6 juin que Noël (fils) est sommé de comparaître à nouveau devant Me Taschereau le samedi suivant, le 13, à l'hôtel où ce dernier sera. Il devra s'y rendre pour deux heures de l'après-midi 6 .

Les taxes de dépenses (frais et amendes) que doit payer Noël Lebrun dit Carrier (fils) sont soumises ce 13 juin 1739 par Me Latour résidant rue du Palais 7 et approuvées après avoir été réduites par Taschereau dans plusieurs cas. Elles totalisent 147 livres, 3 sols, après réductions. Cette somme est surtout atteinte par l'accumulation de frais de cour mais comprend aussi une amende de 15 sols « Pour Un exploit de défence» du 16 mai 1736. Il s'agit probablement d'une bagarre entre Noël Lebrun dit Carrier (fils) et Jean-Baptiste Leroy .

En plus de Me Latour qui présente sa requête, Thomas-Jacques Taschereau, Jean-Baptiste Roy (Leroy) et Dulaurent se sont rendus à l'hôtel 8 . Ces messieurs attendent jusqu'à «trois heures sonnées» constatant que Noël Lebrun dit Carrier (fils) «ne tient compte de comparaître, ni personne pour lui,» ils procèdent à l'imposition et à la liquidation des taxes de dépenses et déclarent l'affaire close.

Le 5 mars 1743, Noël (fils) avait reçu en donation pour leurs vieux jours, la moitié de leur terre et bâtiments de ses parents Noël Brem et Anne Brochu ainsi qu'une charrue, deux bœufs, deux chevaux et la moitié des meubles qu'ils auront à leur décès. 8a

En 1743, c'est au tour de Noël Lebrun dit Carrier (fils) de se marier. Il n'est pourtant pas le cadet de la famille. À son mariage, le mardi 6 août 1743, il est déjà âgé de 38 ans et en aura 39 dans un peut plus d'un mois. Qu'a-t-il fait jusqu'à cet âge? A-t-il été coureur des bois, voyageur? Je l'ignore toujours après de nombreuses recherches. Il s'en est fallu de peut que nous ne soyons pas là car en plus de se marier tardivement, Noël est décédé tôt.

En ce lundi 6 août 1743, Noël Lebrun dit Carrier (fils) épouse Marie-Ursule Roy 9 née à Saint-Valier et qui n'a que 16 ans 10 Elle est la fille unique du deuxième mariage de feu Nicolas Roy (fils ) 11 capitaine de la milice et de Marie-Renée Desrivières . Marie-Ursule est la petite fille de Nicolas Le Roy (père) parti de la Rochelle au mois de mai 1662. Il était de Dieppe et âgé de 23 ans. Il arriva à Québec le 22 septembre 1662 sur le vaisseau Jardin de Hollande. 12 . Marie-Ursule avait grandi entre le village de Saint-Vallier et la demeure des Lebrun dit Carrier. 13 On imagine facilement Noël (fils) remarquant cette jeune fille chez son voisin lorsqu'il va de chez son père au village de Saint-Vallier.

En mars 1744, alors qu'il n'est âgé que de 34 ans, Louis frère de Noël (fils) décède sans laisser de descendance. Il est inhumé le vendredi 27 mars à Saint-Vallier.

À l'été 1744, un an après son mariage, Noël Lebrun dit Carrier (fils) commence l'achat des droits de succession que ses frères et soeurs ont sur le domaine paternel. Il achète d'abord la part la plus importante pour la somme de 1 200 livres. Rappelons que Noël est l'aîné des garçons.

La rédaction du contrat est confiée au notaire royal Pierre Rousselot de Saint-Thomas de la Pointe à la Caille (Montmagny). Le matin du 3 août 1744, les parties intéressées se sont données rendez-vous dans la maison de Noël Lebrun dit Carrier (père) à Saint-Vallier. Il y a là, en plus du notaire Rousselot, Élisabeth Lebrun épouse de Joseph Mercier habitant Berthier, soeur de Noël (fils), Joseph et Étienne Lebrun dit Carrier frères de Noël (fils), Noël Lebrun dit Carrier (père) et son épouse Anne Brochu, Noël Lebrun dit Carrier (fils) ainsi que deux témoins Guillaume et Louis Thibeau de la Pointe à la Caille (Montmagny). Marie-Ursule épouse de Noël (fils) n'assiste pas cette transaction.

La vente est faite par Élisabeth, Joseph et Étienne 14
Marguerite vendra sa part quatre mois plus tard et Louis est déjà décédé. Quant à Marie-Anne, Angélique-Hélène et Thérèse soeur de Noël (fils) il n'en est pas fait mention dans les deux contrats de cette succession, bien que Noël Lebrun dit Carrier (père) qui est maintenant âgé de 75 ans soit là. Les trois vendeurs renoncent à leur droits sur la succession, sous réserve du payement complet des 1 200 livres, ce que Noël (fils) fera. Une note au bas du contrat l'atteste.

Dans ce contrat, il n'y a pas d'inventaire de la succession. Il est simplement mentionné qu'il s'agit d'immeubles, de biens meubles et d'animaux. Nous savons cependant que ce domaine comprenait au moins trois terres voisines. La première achetée de Laurent Tareau le 13 juillet 1697, celle obtenue par échange avec Guillaume Leroy le 6 mai 1710 et celle reçue en concession du seigneur Louis-Joseph Morel le 29 avril 1719. La vente des droits de succession à Noël (fils) fera plus tard passer le domaine Lebrun dit Carrier à sa veuve et à ses trois fils seulement.

Les vendeurs garantissent la propriété de l'aïeul contre toutes dettes principalement contre celles qui pourraient être dues aux Soeurs de l'Hôpital Général.

Pour l'achat de ces droits de succession, Noël (fils) aura payé 400 livres à chacun des trois vendeurs d'aujourd'hui. Le payement s'effectue comme suit : Elisabeth, à qui il avait déjà versé 1245 livres avant le 3 août 1744, il s'engage à donner les 276 livres restant à son mari Joseph Mercier en trois versements annuels de 100, 100 et 76 livres. À Étienne, à qui il avait versé 262 livres et 10 sols avant la rédaction du contrat, il s'engage à payer les 137 livres 10 sols restant dans les deux ans à venir. À Joseph, à qui il avait donné 229 livres avant ce jour, il s'engage à verser les 171 livres restant en deçà de deux ans également.

Au total, Noël Lebrun dit Carrier (fils) avait donc versé 615 livres et 10 sols avant le 3 août 1744, sans compter les 100 livres additionnelles données à Marguerite avant le 14 décembre 1744. Cette somme était importante à l'époque. Où avait-il acquis une telle somme?

À la conclusion du contrat de 3 août 1744, seuls le notaire Rousselot et Guillaume Thibeau ont signé. Les autres ont déclarer ne savoir signer. Noël Lebrun dit Carrier (père) avait pourtant signé à son mariage et à l'achat de la maison et de la terre de Laurent Tareau .

Le lundi 14 décembre 1744 dans l'après-midi, Noël Lebrun dit Carrier (fils) se présente à nouveau devant le notaire Rousselot afin d'acheter les droits de succession de sa soeur Marguerite 15 devenue madame Étienne Veau dit Sylvain . Le rendez-vous à lieu une fois de plus chez le «Sr» Noël Lebrun dit Carrier (père) et son épouse Anne Brochu. Noël Lebrun dit Carrier (fils), le notaire, madame Étienne Sylvain, Messire André Jorian prêtre de la Paroisse de l'Assomption 16 et François Marceau habitant de Saint-Vallier sont également présents.

Ce contrat confirme que Noël (fils) a déjà donné 100 livres à sa soeur Marguerite et rend officiel l'engagement qu'il prend de lui verser 350 autres livres. Ce montant sera acquitté en trois versements : 150 livres en mars de l'année suivante (1745), 50 livres au 26 juillet (fête de Sainte-Anne) et 150 livres avant deux ans comptés à partir de la date du contrat soit avant le 14 décembre 1746. La partie de la succession que Noël (fils) vient d'acheter de sa soeur sera en 1757 soutirée à son héritier légal, son fils Joseph I par une transaction plus ou moins honnête. Noël (fils) se sera donc acquitté de 1650 livres au grand total avant la fin de 1746.

Pour Noël (fils) et Ursule, nos ancêtres de la deuxième génération en sol laurentien, la continuité sera assurée. D'abord par un premier garçon Joseph-Noël 17 qu'ils font baptiser le vendredi 26 février 1745 à Berthier. Ensuite, c'est Jean-François-Marie qu'ils font enfant de Dieu le samedi 23 septembre 1747 à Saint-Vallier. Le troisième et dernier garçon, Étienne comme son oncle, est baptisé le vendredi 14 novembre 1749 à Saint-Vaillier.

Ces trois garçons deviennent vite orphelins. À peine âgé de 45 ans et marié depuis 7 ans, Noël Lebrun dit Carrier (fils) quitte ce monde, laissant à sa jeune épouse de 23 ans, trois enfants âgés respectivement de 1 mois, 2 ans 3 mois et 4 ans 10 mois. Les funérailles ont lieu le lundi 22 décembre 1749 à Saint-Vallier aussi.

La période des fêtes de la fin de 1749 et du début de 1750 restera longtemps une période sombre dans la vie de nos premiers ancêtres. Les écrits de ce temps-là nous rapportent qu'à peine deux jours après la sépulture de Noël (fils), c'est son frère Joseph , qui à 37 ans, reçois les dernières prières à Saint-Michel.

Le dimanche, 28 décembre 1749, quatre jours après Joseph, leur mère née Anne Brochu a elle aussi sa sépulture à Saint-Vallier. 18

Avant de nous quitter, Noël Lebrun dit Carrier (père) pleurera une autre de ses proches. Il s'agit de Marguerite (Mme Étienne Veau dit Sylvain) sa fille, qui est inhumée à Saint-Vallier, le dimanche 19 octobre 1755. Puis c'est la mort de l'ancêtre venu de France. Sa sépulture a lieu le 15 janvier 1756 à Berthier 19. Seulement quatre de ses neuf enfants lui survivent : Angélique-Hélène, Étienne et Élisabeth et Marie-Anne.Il avait 90 ans (de novembre 1665 à janvier 1756)


1 Variation : Carrière
2 Variation : Roy
3 H. Létourneau, «Depens du Conseil Supérieur», 13 juin 1739. Compte de frais à payer par Noël Lebrun dit Carrier à la requête de J. B. Roy par suite de l'arrêt du Conseil Supérieur no. 661, 662, 663 et 664 et requête du 28 avril 1735 devant la prévosté de Québec entre Noël Lebrun dit Carrier et Jean Bpte Le Roy, André Velgere.
4 Frais de cour et amendes.
5 Son procureur à la requête du 28 avril 1735.
6 Textuellement : «deux heures de relevée».
7 Textuellement : «Rés. Lepalay».
8 Le nom de l'hotel n'est pas mentionné.
8a Donation de Noël Lebrun dit Carrière et Anne Brochu à Noël Lebrun, leur fils, 5 mars 1743 par Pichet (document insinué le 9 avril 1743) Registre des insinuations de la Prévoté de Québec, vol. 9, pages 505-509. Cote: CR301,P2315.
9 Variation : Le Roy.
10 Elle aura 17 ans le 23 septembre. Tanguay, Dictionnaire généalogique des familles Canadiennes, vol 7, p.69.
11 Nicolas Roy avait cependant eu six enfants à son premier mariage avec Marie-Madelaine Leblond.
12 Si Tanguay est exact, Nicolas Roy a 62 ans lorsqu'il épouse Marie-Renée Desrivières et lorsque naît Marie-Ursule, il en a 65. Marie-Renée son épouse n'en aurait que 26. Voir aussi MSGCF vol. 37 no. 1 pp 41-42
13 Voir la carte de Catalogne sur génération 2
14 Contrat de vente fait par Élisabeth, Étienne et Joseph Lebrun à Noël Lebrun (fils) leur frère. Le 3 août 1744, Pierre Rousselot notaire.
15 Contrat de vente fait par Marguerite Lebrun à son frère Noël Lebrun le 14 décembre 1744. Pierre Rousselot notaire.
16 Variation : Notre-Dame-de-l'Assomption-de-Bellechasse.
17 Porte le prénom Joseph et sera indiqué Joseph I dans les pages qui suivent.
18 Ces trois décès en six jours ont-ils une relation?
19 Selon les régistres de Saint-Vallier.




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