Neuvième génération (Partie B)




Denis Carrier © 2020


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Gérard reçoit enfin la concession de la terre demandée. à cause de la géographie qui se change en un relief montagneux à cet endroit, la terre concédée est parallèle à la route alors que les autres sont perpendiculaires à celle-ci. Elle est du côté nord (rang 3) du "rang" 2 ou route rurale no. 2 61 à Sainte-Germaine Boulé, canton Poularies. Elle comprend le 1/3 sud des lots 7,8 et 9.

En cet été 1941, Gérard entreprend d'y construire sa maison. 62 Fort de son expérience, elle sera mieux proportionnée et mieux finie. Elle comportera entre autres un garde-soleil intégré au plancher et un toit en croupe partielle. La croupe partielle aux arètiers permet l'acheminement des matériaux de recouvrement du toit (ici du bardeau de cèdre) par le deuxième étage évitant ainsi la montée par l'extérieur particulièrement difficile quand le constructeur travaille seul. La fondation est faite de quatre rangs de pièces sur pièces aplanies sur deux faces. Il travaille avec une ardeur sans mesure commune avec aujourd'hui soit de 12 à 15 heures par jour à un rythme endiablé. L'été court aux jours longs 63 de l'Abitibi lui suffisent pour compléter sa construction aux trois-quarts en plus de défricher les 5 acres maximums portant prime et de couper et transporter au moulin à scie une bonne part du bois nécessaire à la construction. 64 En plus de cette dépense importante, il faut soutenir la famille. Julienne fait grandement sa part en cultivant un jardin et en limitant au minimum les dépenses du foyer. Il est à noter que Gérard ne reçoit aucune aide pour construire sa maison. La raison est simple : tous les colons sont dans le même cas et celui-ci n'est pas du genre à quémander. Rendu au toit, il manque de 2 x 4 65 et doit substituer de petites épinettes aplanies sur deux faces pour la construction des chevrons.

Maison rang 2
Maison du rang 2

à l'automne 1941, Gérard Carrier retourne bûcher pour la Spruce Falls dans une saison au chantier semblable à la précédente. Il a alors deux chevaux. À son retour du chantier en mars 1942, il constate que la maison a souffert de l'absence de son propriétaire. La gelée a pénétré profondément dans le sol de la cave faisant relever la colonne supportant le centre du plancher d'un pied (30,5 cm) Gérard remarque également un dépôt de frimas de 4 pouces (10 cm) sur la terre nue du sous-sol.

À l'été de 1942, il complète sa maison en plus de défricher les 5 acres (2,02 hectares) de terre habituels. Il la recouvre entièrement de bardeau, toit inclus, et ceci toujours sans aide. La mise en place des échafaudages est ainsi particulièrement difficile. Bien qu'elle réside dans cette maison pendant les deux étés de la construction, ce n'est qu'à l'été suivant, que la jeune famille Carrier aménagera définitivement. Cet été là, Julienne qui est enceinte y fait pousser son jardin potager qu'elle se rappellera avoir récolté le 8 octobre (1942) car la nuit suivante, le 9 octobre à l'aurore, elle donne naissance à Jean-Guy. Jean-Guy est baptisé peu après à Sainte-Germaine-Boulé.

Jean-Guy Carrier 66 épousera le 10 juin 1972 Clémence Doré fille de Fernand Doré en l'église Saint-André de La Sarre. Il sera d'abord camionneur artisan puis technicien en électronique à l'emploi de Bilodeau et Bilodeau Inc. Jean-Guy et Clémence habiteront d'abord à l'intersection du "rang 8" (côté rang 9) et de la route 63 67 puis déménageront, maison comprise à quelques kilomètres au sud de La Sarre sur la route 393. 68 Vers 1980, Jean-Guy achètera l'entreprise Bilodeau et Bilodeau Inc.

Enfants :